Des congrès, à quoi ça sert?

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 1500 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

 

Jean-Guy Dubuc
La Voix de l'Est

Deux congrès politiques en fin de semaine dernière. Un du Nouveau Parti démocratique à Halifax; l'autre des jeunes du Bloc québécois à Québec. Étude des résultats... Notre information est peut-être trop limitée. Mais à la suite de ce qu'on a pu lire ou entendre dans les médias d'hier, on se pose vraiment la question: qu'ont donc ajouté ou retiré de leur programmes les membres des partis? Orientations nouvelles? Tribune renouvelée? Plateforme plus étendue? Prise de position sévère envers leurs adversaires? Bref, à quoi ont servi ces rencontres concernant l'enrichissement politique de notre société?

Bien sûr, les congressistes ont profité de la camaraderie, du soutien mutuel, du coude à coude avec leurs vedettes élues, de tout cet apport «psychologique» fourni par les participants à une cause commune. Pour le parti, c'est nécessaire.

 

Mais comme c'est l'ensemble de la société qui juge les contenus des programmes, qui scrute la valeur des projets et des personnes qui les défendent, notre peuple électeur est drôlement resté sur sa faim!

Commençons par le NPD. Ils étaient 1300 à Halifax. La question qui semblait la plus importante pour les congressistes et pour le public à l'écoute concernait le nom du parti. Fallait-il oui ou non laisser tomber le «N» qui qualifie le parti et sa démocratie? Les candidats et les élus seraient-ils des PD? Question troublante...

Le vote sur cette question était à l'ordre du jour de dimanche matin. Or, volontairement ou pas, les 60 minutes réservées au débat ont été bouffées par d'autres sujets, comme la gouvernance du parti, dont certains intervenants aimaient beaucoup discuter en longueur et en longueur... On formera une commission sur la question. En résumé, le congrès se résume dans le discours du chef et quelques petites allusions économiques et linguistiques. Merci bonsoir.

Au Bloc, scénario semblable. Mais plus triste: ce sont les jeunes - 250 délégués - qui se réunissaient à l'Université Laval. Les jeunes, ceux qui veulent pousser dans le dos des «vieux», qui réclament des changements sociaux, qui ont plus d'exigences. Ils ont eu une audace: imaginez, ils ont demandé la démission du ministre Stephen Fletcher, responsable de la réforme démocratique...

Et puis, il y a eu le discours du chef, Gilles Duceppe. Lui qui sait soulever les foules par son talent d'orateur, a tout simplement discouru sur de possibles élections à l'automne, pour lesquelles il se dit prêt. Prêt à renverser le gouvernement auquel il reproche mille choses; prêt à donner le pouvoir aux libéraux, dont il ne pense pas plus de bien. Vu que ni lui ni Jack Layton ne pourront jamais devenir premier ministre, ils doivent tous les deux s'en prendre aux deux grands partis, auxquels ils feront opposition. Les jeunes ont dit qu'ils étaient prêts pour le combat...

Il est évident que beaucoup de choses plus pertinentes ont pu être dites par les congressistes et par leurs chefs. Il est possible que les journalistes présents, à Québec et à Vancouver, n'aient pas rapporté tout ce qui s'est dit de beau et bon pour le parti. Il reste que les propos principaux tenus en fin de semaine se résument, semble-t-il à cela: chez l'un, on n'a pas discuté de ce que tout le monde attendait; chez l'autre, on s'est redit ce que tout le monde savait.

L'apport démocratique de ces partis est sûrement plus élevé. Mais on ne l'a ni vu ni entendu.

Il faut reconnaître que les jeunes libéraux en congrès ont fait pas mal plus de bruit récemment. Leurs propositions concernant le péage des autoroutes, parmi d'autres, méritaient sûrement un meilleur sort que celui qu'on leur a fait. Eux aussi se sont fait fermer la... bouche par leur chef, qui n'a rien retenu de ce qu'ils apportaient comme intérêt social, et qui dépassait sûrement le changement de nom du parti.

À quoi ça sert, un congrès? La réponse n'est sûrement pas évidente.

 

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer