Eh bien oui! Il faut croire. J'ai assisté avec un plaisir sans mélange à Vive la mariée, de Julie Daoust et Hugo Turgeon. J'ai eu le privilège d'assister à un renouveau. Gilles Latulippe a cédé la place à André Lacoste (Roland). Jeannine Sutto à Pauline Martin (Francine).
Enfin un vrai vaudeville! Un boulevard que n'aurait pas dédaigné Feydeau et où l'on sent l'héritage de Marivaux. Car le marivaudage est le liant de la pièce, avec ce miroitement continuel des sentiments, des contre-sentiments, le jeu de ceux qui s'aiment et de ceux qui n'aiment pas que ceux-là s'aiment, les trahisons perfides, les aveux troublants. Et tout cela avec un petit détour du côté gai, et avec intervention d'une «motarde» pour finir de brouiller les cartes. Ce rôle macho-féminin est assumé avec bonheur par Emmanuelle Laroche qui est aussi Lucie, la future mariée.
Et que dire des thèmes parallèles, qui n'ont rien à voir avec l'intrigue, mais qui en sont le sel et le poivre? Comme cette marche d'escalier défectueuse où régulièrement trébuchent les personnages. Et aussi ce superbe build-up vestimentaire où, du pantalon de Roland jusqu'à la robe de mariée de Lucie, toute la distribution se fringue, une cravate à la fois, en prévision de l'événement final tant combattu, tant attendu: la noce.
Il n'y a pas de soubrette, Feydeau l'aurait sans doute déploré, mais le rôle est compensé avec brio par l'amie de la fiancée, Marie-Soleil (Julie Daoust). Quant au jeune premier, François-Luc (Benoît Mauffette), il est plus vrai que nature, même s'il s'exprime en alexandrins.
Yves Steinmetz
Saint-Césaire









