Les contributions d'Hydro-Québec

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Valère Audy
La Voix de l'Est

Les Collèges Notre-Dame et Jean-de-Brébeuf ont tous deux renoncé aux contributions de 250 000 $ et 200 000 $ qu'ils devaient respectivement recevoir d'Hydro-Québec. Mais le Séminaire de Sherbrooke recevra les 165 000 $ qui reste à venir des 180 000 $ promis par la même société d'État. À cette liste s'ajoutent maintenant les 50 000 $ promis au Conference Board pour une étude comparative. Sauf que la politique d'aide d'Hydro-Québec sera revue et que l'entreprise ne donnera plus aux collèges privés parce que cela fait des vagues.

La controverse tient aux faits que toutes ces institutions sont privées, que le donateur est une société d'État, que les écoles, collèges, universités du secteur public et leurs syndicats se plaignent tous de manquer de fonds et accusent le privé de détourner ainsi des ressources qui leur seraient autrement octroyées. Et puis, ce qui rend la chose plus juteuse, l'actuel président Thierry Vandal, d'Hydro-Québec, est un ancien de Notre-Dame et de Jean-de-Brébeuf qui siège en plus au Conférence Board, alors que le premier ministre Jean Charest est un ancien du Séminaire de Sherbrooke.

 

Les apparences de conflits d'intérêts sont à ce point fortes que ça excite les politiciens de l'opposition, en plus de mettre les libéraux de Jean Charest et les responsables des institutions concernées dans leurs petits souliers. Il s'en est d'ailleurs trouvé pour réclamer la tête du président de la société d'État en laissant entendre que ce n'est qu'une tache de plus à son dossier, qu'il multiplie les erreurs de jugement. Les mêmes qui réclament également la tête du Dr Bolduc, de la Santé, en en portant le nom à la liste des catastrophes nationales. Il n'y a pas de limites aux exagérations et à la généralisation de certains de nos politiciens qui oublient un peu trop facilement leurs propres erreurs de jugement.

N'en déplaise à ses critiques, Hydro-Québec n'a pas à dire non à l'avance à toute demande d'aide. Mais pour éviter les faux pas, ses contributions doivent rester marginales, respecter des règles claires, aller de pair avec sa mission et être accessibles à toutes les institutions d'enseignement, qu'elles soient publiques ou privées. La société d'État investit déjà en environnement en compensation pour les bouleversements dus à ses corridors, emprises et barrages sur le territoire québécois. Plusieurs municipalités de la région et d'ailleurs ont du reste profité de son aide.

Pourquoi dirait-elle non aux écoles, collèges et universités qui en réclament le soutien pour favoriser la connaissance et, ultimement, former des spécialistes en génie hydroélectrique et éolien, en environnement, en développement de nouvelles sources d'énergie: piles, moteurs, etc. Dans cette optique, il s'impose d'aider les institutions à s'équiper et d'encourager les initiatives des étudiants intéressés. Dès lors, que l'aide soit accordée au public ou au privé, c'est toute la société qui en tire finalement bénéfice. L'argent donné revient ainsi à ceux qui l'ont versé pour acquitter leurs factures d'électricité.

Comme société d'État, Hydro-Québec doit jouer un rôle qui dépasse largement celui de producteur et distributeur d'électricité, de vache à lait du gouvernement. Elle doit contribuer au développement des connaissances... scientifiques entre autres et encourager les nôtres à y faire leur marque. Reconnue à travers le monde en raison de son expertise, elle a, au fil du temps et de son histoire, ouvert de nouveaux horizons à des centaines, peut-être même des milliers de Québécois et Québécoises. Ce qu'elle doit continuer de faire. Qu'elle contribue à certaines études n'est enfin pas anormal comme membre du Conference Board.

Hydro-Québec a certes compris, surtout avec la controverse soulevée, qu'elle ne peut favoriser les institutions privées au détriment de celles du secteur public. Reste que le public touche déjà davantage que les institutions privées en fonds publics avec les milliards que l'État leur verse, de gros sous qui viennent en bonne partie des redevances qu'Hydro-Québec verse au trésor québécois.

vaudy@lavoixdelest.qc.ca

 

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