Une telle situation était pourtant prévisible puisque ce projet est le dernier d'une liste beaucoup trop longue de projets improvisés et sous-analysés. Cette opposition est un bon début et j'apprécie le fait que la moyenne d'âge des gens qui s'expriment commence à diminuer. Mais cette opposition est quand même timide et si on veut des candidats sérieux d'ici un mois ou deux, il faudra qu'elle croisse rapidement. Je ne me fais pas d'illusion, je crois toujours que cette probabilité est faible, mais l'espoir est source de vie et je serais le premier à sauter de joie si quelqu'un me prouvait que j'ai tort.
Une personne à la période de questions a dit que le problème fondamental était que les gens de Granby ne se parlent plus. C'est ce que j'appelle mettre le doigt sur le bobo. Il n'y a plus de discussion en privé ou en public à Granby, et les décisions sont prises derrière des portes closes sans que les conseillers motivent leurs choix, quels qu'ils soient. Des projets financiers d'importance et des projets de loi n'ayant aucune étude d'impact ou de rendement, des projets dont les objectifs à réaliser sont flous pour ne pas dire inexistants et des projets qui n'ont fait l'objet d'aucune demande formelle de la part de qui que ce soit sont considérés acceptés par une population muette qui n'exige rien de la part des élus.
Granby, c'est une ville de 60 000 habitants, d'une valeur de 3,8 milliards $ avec un budget annuel de 60 millions $ et des centaines d'employés à gérer. Il faut que la population soit beaucoup plus exigeante envers ses élus et ceux qui veulent le devenir. Pour être membre du conseil municipal, ça prend des gens ayant les compétences, les connaissances et la passion pour les affaires municipales. Il est évident que dans une population de 60 000 habitants, ces gens existent. Mais ces personnes connaissent l'importance de la tâche à accomplir et ils ne sortiront pas de leur terrier douillet pour dépenser temps et énergie, si la volonté de changement n'est pas clairement exprimée par la population. Les gens doivent discuter, en privé et en public, de leurs inquiétudes face à ce qui se passe à Granby. Plus vous serez exigeant envers les candidats potentiels, plus vous aurez de chances de voir les meilleurs se présenter. Sinon, vous n'aurez droit qu'à des citoyens qui ne se présentent que pour se présenter. Dans la situation actuelle, cela représente changer quatre trente sous pour une piastre.
En ce qui concerne les élus actuels qui voudront se représenter, voici ce qu'il faut se rappeler: ils ont été élus parce qu'on nous disait que tout allait mal à Granby et qu'on devait rattraper le temps perdu. L'image de Granby en souffrait, selon eux. Pourtant, quand on avait payé notre dette, notre ville avait fait la manchette partout au Québec, pour ne pas dire au Canada et le maire de l'époque donnait même des conférences pour expliquer ses principes de gestion. Voyez-vous des gens à l'extérieur de Granby qui citent la gestion de notre conseil actuel en exemple ou des gens qui veulent écouter notre maire pour apprendre à gérer une ville? En fait, à force de nous comparer à la moyenne, notre conseil n'a réussi qu'à nous rabaisser à la moyenne. Nous sommes devenus une ville anonyme qui ne fait la manchette que lorsqu'il y a des problèmes. Et, avec le nouveau règlement sur le bruit adopté lundi, c'est une image d'intolérance des Granbyens qui se propage ces derniers jours à travers les bulletins de nouvelles.
Denny O'Breham Granby










