Dans ce dernier sondage CROP, on a vu que le parti libéral obtenait un surprenant score de 44 % pour les intentions de vote, face à un PQ qui n'obtient que 33 %. Il ne faut pas tirer de conclusions trop hâtives: l'été, quand il ne se passe rien en politique et que l'adrénaline des électeurs est au plus bas, les résultats ne sont pas toujours les plus probants. Mais une ADQ qui ne touche pas plus que 8 %, ex-aequo avec le Québec Solidaire et seulement un point de plus que le Parti vert (7 %), même en été...
Si on s'énerve chez les péquistes et on se réjouit chez les libéraux, on doit bien s'interroger chez les adéquistes: où sont passés leurs appuis? Est-ce le départ de Mario qui crée ce bouleversement d'affection? Ou est-ce parce que, si on juge l'arbre à son fruit, on se rend compte que l'ADQ a été incapable de produire le moindre fruit dans son rôle d'opposition au gouvernement?
On sait qu'une campagne à la direction d'un parti stimule la ferveur des troupes et l'intérêt de l'électorat en général. Surtout parce que la campagne des candidats nous permet de connaître des étoiles montantes qui demeuraient cachées derrière le charisme de Mario Dumont. On peut alors s'attendre au meilleur comme au pire.
Or, le sondage qui s'est tenu avant le congrès des jeunes de l'ADQ, en fin de semaine dernière, avant donc le débat - devrait-on dire le combat? - entre les quatre prétendants au siège laissé vacant, n'a rien laissé de rassurant. Le public électeur devait se demander: pour quelles raisons je devrais voter pour l'un ou l'autre de ces gens-là? Quel pointage l'ADQ aurait-elle obtenu si le sondage s'était fait après le débat?
Mais le spectacle que nous ont livré ces combattants était tout simplement désolant.
D'accord, vive la simplicité, le langage direct. Mais un congrès n'est pas une discussion de cuisine où, en manches de chemise et dans une forme décousue, on peut se dire n'importe quoi.
D'abord, les candidats n'ont dévoilé aucun projet nouveau qui alimenterait le débat démocratique. Défendre encore, aujourd'hui, le projet d'abolition des commissions scolaires, est-ce politiquement profitable? La diminution de la dette, d'accord. Mais tout le monde est d'accord! Augmenter la participation des étudiants aux droits de scolarité? On connaît cette position traditionnelle de l'ADQ, sauf que là, on parle de tripler leur part. Au plan des idées, rien. Pour prétendre à gouverner le Québec, il en faut au moins quelques-unes!
Au plan des personnes, désastre! Celui que plusieurs voient en tête dans la course, Éric Caire, nous avait annoncé qu'il voulait «brasser la cage» du parti. Il est allé plus loin: «à la limite, un peu baveux». Il a accusé son adversaire Christian Lévesque de manquer de contenu...
Certains commentateurs ont qualifié de «musclée» sa confrontation avec Christian Lévesque. C'était pire que cela: déplacée parce que personnalisée. Exemple concernant le coût des études: «Tu en as, toi, de l'argent, pourquoi je devrais payer pour tes enfants?». Plus tard, Lévesque a accusé Caire d'être «fédéraliste». Réplique: «Toi, absentéiste». Au plan du contenu, rien de bien convaincant...
L'ADQ, qui a perdu ses appuis même sous le leadership de Mario Dumont, va devoir trouver de meilleures façons pour convaincre les électeurs. Un autre candidat, Jean-François Plante, semble être éliminé. Gilles Taillon, «un ancien», a préféré se tenir en dehors de la bataille de rue. A-t-il quelque chose à nous dire? Pour le moment, on peut croire que l'ADQ ne dépasse pas son 8 %!









