Depuis le 23 janvier 2006, il ne cesse de parodier la célèbre comédie de Molière qu'il transforme trop régulièrement en un burlesque, qui plus est, de mauvais goût. Nous savons tous qu'il représente une circonscription de l'Alberta, la patrie des rodéos et des cow-boys, qu'il a ses assises politiques profondément ancrées dans l'ancien «Reform Party», qu'il a transformé le Parti progressiste-conservateur de Joe Clark et Brian Mulroney en ne gardant que le mot conservateur, qu'il est obnubilé par la loi et l'ordre, qu'il n'a jamais vu venir la récession actuelle, qu'il vilipende le protocole de Kyoto, qu'il veut abolir à tout jamais le registre des armes à feu, qu'il a fait de sombres coupes dans la culture, qu'il tente d'asphyxier CBC/Radio-Canada par d'autres coupures, qu'il cultive l'art des publicités négatives, qu'il a promis ad nauseam transparence, rigueur, sobriété pour son gouvernement, qu'il a mis le Parlement en lock-out en décembre 2008, qu'il a décrié haut et fort, dans un temps jadis, les nominations partisanes des précédents gouvernements et surtout qu'il a promis d'y mettre fin.
Et que fait-il le 27 août de l'an 2009? Il s'empresse de procéder à de multiples nominations partisanes au Sénat canadien, institution archaïque s'il en est une, en emballant le tout avec la nomination de Jacques Demers pour camoufler son geste, pour amadouer l'électorat québécois et le plus simplement du monde en reniant ses précédents engagements. Tout en affirmant, sans broncher, que ces nominations sont indispensables pour lui faciliter l'application d'éventuelles lois inspirées par son credo néo-conservateur à la sauce «Reform Party». C'est à nous faire regretter les gouvernements Chrétien d'il y a quelques années. Au moins, le «p'tit gars» de Shawinigan pouvait nous faire rire de temps en temps.
Digne émule de Ronald Reagan, de Margaret Thatcher et de l'ineffable George W., notre premier ministre «canadian» via sa propagande subliminale répétitive risque même, selon certains sondages, d'être reporté au pouvoir.
Se pourrait-il qu'en plus de la grippe H1N1, de la guerre en Afghanistan, de la saga Omar Kadr, de la crise des isotopes, des bavures créées sur le statut de citoyens canadiens incapables de revenir dans leur pays, nous ayons à vivre un septième acte de la comédie de Molière qui tourne au mélodrame? Et si en plus, la nouvelle mouture du Canadien de Montréal devait tourner au vinaigre, les prochains mois d'hiver s'annoncent lancinants et «pénnnnnniiiibles».
Dans la mythologie ancienne, -l'Égypte a vécu de sombres châtiments, on peut relire une partie de la Bible pour se documenter ou bien, plus près de nous, le roman de Bryan Perro dans sa série d'Amos Daragon, La colère d'Enki écrit en 2004. En traficotant la pièce de Molière, notre premier ministre «canadian» nous amène langoureusement mais sûrement vers SA terre promise située à droite non loin d'ailleurs au milieu de nulle part.
En espérant que ce mauvais rêve qui dure depuis plus de 43 mois prenne fin avec l'arrivée des premières neiges. Le Canada qui est toujours mon pays et où je paie passablement d'impôts et de taxes mérite mieux. Nos voisins américains ont procédé à un grand coup de balai en novembre 2008. Se pourrait-il qu'en novembre 2009, le Canada puisse imiter son voisin du Sud, pour une fois nous pourrions nous en inspirer. Ils ont retourné George W. dans son Texas natal, nous pourrions retourner monsieur H. dans son royaume d'Alberta.
Michel Rocard, politicien français, déclarait il y a quelques années: «La politique est dégueulasse, parce que les hommes qui la font la rendent dégueulasse». Rien de nouveau sous le soleil «canadian».
Bernard Fournelle
Granby









