Les religions et les consciences

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 1500 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Sur le même thème

 

Jean-Guy dubuc
La Voix de l'Est

La Cour supérieure s'est prononcée; il est probable que la cause soit portée en appel. Mais il serait fort surprenant que même la Cour suprême contredise le jugement. Tout simplement parce qu'il est devenu évident que le cours d'Éthique et de culture religieuse n'atteint aucunement la liberté de conscience et de religion des enfants qui le suivent. Le juge Jean-Guy Dubois se réfère à la Charte des Droits du Québec, à la prise de position des évêques du Québec et à un théologien reconnu ¯ Gilles Routhier ¯ qui s'appuie lui-même sur des positions de Jean-Paul II.

Exempter des enfants d'un cours n'a pas sa raison d'être en autant que le professeur responsable est habilité à transmettre un enseignement basé sur une connaissance certaine de ces matières. L'éthique est une matière difficile parce que liée à une évolution rapide de la société; l'éthique veut remplacer la morale traditionnelle mais sans les références traditionnelles. Les problèmes sont nouveaux et les réflexions souvent dépendantes d'écoles de pensée nouvelles. Par exemple, si on considère l'euthanasie comme une valeur à dimension éthique, on voit vite les interprétations qui peuvent suivre.

 

Allons plus loin: dans une société comme la nôtre, il serait dommage que l'école n'instruise pas les enfants des divers courants spirituels qui influencent la vie de nos contemporains. Quand on pense qu'à la Commission des écoles de Montréal, on compte plus d'enfants allophones que de francophones (La Presse, 3 septembre), on voit l'évolution actuelle du Québec. Fin de la belle société unanime, catholique et française d'autrefois. Vous pouvez argumenter que cette situation est celle de Montréal et non des régions: attendez pour voir...

Le grand changement que les catholiques ou autres groupes religieux doivent accepter est tout simplement le suivant: aujourd'hui, la transmission et l'éducation de la foi appartient aux parents et à leur Église. Les Églises protestantes, qui connaissent les mêmes difficultés que l'Église catholique, sont pourtant habituées aux Sunday Schools où les enfants apprennent les rudiments de leurs religions, avec leurs dogmes, leur liturgie et leurs traditions. Pour les catholiques, la situation est nouvelle. Des parents non pratiquants, qui n'ont rien transmis de leur foi à leurs enfants et qui misaient sur l'école pour pallier leur négligence ou leur indifférence, sont aujourd'hui démunis.

Situation nouvelle: la société n'est plus religieuse. Les individus qui veulent demeurer attachés à une foi traditionnelle n'ont plus le soutien du milieu. L'engagement est devenu individuel. Nous sommes passés d'une foi sociologique à une démarche religieuse personnelle. Comme la connaissance religieuse des catholiques remonte souvent aux leçons de la petite école, l'ignorance s'est répandue, l'intolérance a logiquement suivi, la science religieuse a perdu ses références.

Tant mieux si les jeunes peuvent aujourd'hui se rendre compte de tout ce que notre monde doit aux influences religieuses. Qui peut comprendre l'histoire de l'Occident sans connaissance du Christianisme? La culture religieuse est essentielle à la compréhension de l'humanité. Que tous les élèves de toutes les écoles soient obligés d'apprendre ce qui fut souffle de vie de nos ancêtres de cent, de mille ou de cinq mille ans sera un enrichissement. Le contraire serait un appauvrissement coupable.

Le problème se trouve dans la suite à donner à l'éducation de la foi. Des collèges privés ont ajouté des cours de religion à leurs programmes réguliers. Des paroisses ont créé des classes, animées par des laïcs qui se sont mis à la tâche pour suppléer aux professeurs (souvent peu intéressés parce qu'obligés) des écoles publiques. Divers efforts sont faits, devenant des écoles de responsabilisation pour parents, professeurs et enfants.

Les parents sont les premiers concernés. Leur motivation personnelle est à la base des nouvelles démarches. Car l'État ne remplacera pas l'Église dans une société pluraliste où le respect de l'ensemble oblige chacun à définir son champ de valeurs. L'Église ne peut plus compter sur des lois mais sur des témoins.

 

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer