Ponce Pilate

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La Voix de l'Est

Le récent règlement du maire et son conseil sur le contrôle du bruit à Granby ne m'a vraiment pas réconcilié avec les politiciens. Ils continuent à nous prendre pour des innocents en nous faisant croire que des milliers de citoyens ont protesté contre le bruit, à l'origine du règlement. M. Goulet ridiculise la pétition de 1500 signatures en prétextant que ces signataires avaient été mal informés. C'est une de ses façons de contrer l'opposition.

Une petite campagne de sensibilisation au bruit aurait été beaucoup plus efficace et surtout sans douleur alors que ce règlement risque de provoquer plus de mal que de bien. Il me semble qu'en 2009 il existe d'autres solutions plus intelligentes que la confrontation pour régler les différents entre citoyens, nous savons tous que les moyens coercitifs ne règlent rien, surtout que notre bon maire joue le Ponce Pilate en laissant aux autres le soin de régler un litige qu'il a lui-même alimenté par son règlement.

 

Aussitôt élus, nos politiciens se détachent du petit peuple et gèrent selon les paramètres d'une société gavée par l'abondance. Pourtant l'histoire pas si lointaine nous rappelle qu'en 1980, notre ville croulait sous des dettes de quelque 70 millions $ avec un taux d'intérêt de 15 à 20 %. Nous étions en mode survie et l'austérité était de rigueur. M. Duchesneau, promoteur immobilier prit la barre de notre ville et comprit que la dette paralysait tous les efforts de développement, il entreprit son remboursement qui nécessita bien sûr des sacrifices de la part des citoyens, mais finalement... le samedi 21 août 1999, en après-midi, une cérémonie protocolaire avait lieu au parc du Millénaire, à l'angle des rues Principale et Dufferin, près de l'hôtel de ville. Lors de cette cérémonie, nous avons inauguré la sculpture monumentale Vision commune de l'artiste granbyen Roger Lapalme et nous avons dévoilé une plaque commémorative sur laquelle on peut lire le texte suivant: «En cette fin du 2e millénaire, la ville de Granby s'est libérée du joug de sa dette, au nom des générations futures, nous proclamons chaque membre de notre collectivité gardien et gardienne de cette nouvelle liberté.»

Pourtant dix ans plus tard, nous n'avons rien compris. Nous nous retrouvons avec une dette aussi importante. La Ville a réalisé de belles choses bien sûr, mais quelqu'un devra payer plus tard. N'oublions pas que nos gestionnaires ont bénéficié d'une croissance économique extraordinaire avec une augmentation importante de la valeur foncière et, par voie de conséquence, des revenus additionnels. Sachant que nos banquiers ne nous font jamais de cadeaux, lorsqu'ils auront renfloué leurs réserves (avec notre argent), les taux d'intérêt regrimperont et nous nous retrouverons coincés à nouveau comme dans les années 80.

J'ai un souhait à formuler: j'aimerais que l'on inscrive sur un socle du parc du Millénaire les noms des membres du conseil qui nous ont remis en déficit. Il me semble que c'est trop facile d'endetter une ville et de disparaître incognito.

Lucien Blais

Granby

 

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