En mai dernier, 30 % des personnes interrogées plaçaient Pauline Marois à égalité avec Jean Charest. Trois mois plus tard, elle ne récolte plus que 25 %, alors que Charest monte à 32 %. Seulement 3 % se disent très satisfaits de son travail comme chef de l'opposition, 26 % sont satisfaits. Avec le résultat que si des élections se tenaient cette semaine, les libéraux récolteraient 41 % du vote et les péquistes, 37 %. Concernant la souveraineté, 46 % sont contre et 41 % pour.
Conclusion: rien ne change au Québec. Comme disait un ancien éditorialiste de La Presse (aujourd'hui décédé): «À partir de dorénavant, ce sera comme d'habitude...!»
Consolation pour le PQ: il conserve 45 % de faveur chez les francophones. Oui, mais il en avait 48 % en mai. L'écart est donc passé de 17 % à 12 %. La pente est descendante. Pourquoi?
D'abord, admettons que l'été, rien ne se passe d'important comme enjeu politique. Quand le Parlement est en vacances, les Québécois le sont également. C'est pourquoi le sondage indique que 13 % ne sont pas capables de répondre s'ils sont pour ou contre la souveraineté; et 35 % ne savent pas qui est le meilleur chef! C'est pour dire comme les opinions sont fragiles chez nous. Espérons que les esprits se réveilleront à l'automne.
Mais aussi, d'autres chiffres, publiés la semaine dernière, peuvent illustrer la situation: dans les écoles publiques de Montréal, une majorité d'élèves sont aujourd'hui allophones... Voilà ce qui devient révélateur, comme portrait démographique et comme conséquence politique.
Quand le Québec se réjouit d'une certaine remontée des naissances, il faut bien se rendre compte que ce ne sont pas les «pure laine» de souche qui vont faire grossir notre population. Et comme le sondage nous montre que 79 % des allophones se disent contre la souveraineté, on voit, sans lunettes, un des sérieux problèmes du PQ.
Pas que Mme Marois n'ait pas de responsabilité personnelle dans ces résultats: la nouvelle la concernant qui a le plus touché les Québécois, cet été, a été la mise en vente de sa maison de 8 millions $, achetée avec son mari qui avait profité de nomination politique. Le passé suit toujours les vedettes.
Mais le PQ est peut-être celui qui perd le plus de plumes dans la chute; il lui faudrait compter sur plus que ce que Pauline Marois a à offrir pour le ralentir.









