Jocelyne Lacoste affirme qu'elle «ne se souvient d'ailleurs pas d'une seule fois où ses parents se sont disputés devant eux». «Ça ne devait pas toujours bien aller, dit-elle. Ils ont eu 17 enfants en 20 ans après tout. Mais ils ne nous ont jamais montré qu'ils étaient fâchés l'un envers l'autre. Lorsqu'on se couchait le soir, on écoutait pour savoir s'ils ne se chicaneraient pas et puis rien. On n'entendait jamais un mot plus haut que l'autre.»
Cette histoire est le rêve de toute une vie! Le rêve de plusieurs. On parle beaucoup d'amour en 2009. Il semblerait que les barrières se sont dissoutes d'elles-mêmes, ont éclaté, n'existent plus. Oui, bien sûr, il existe un bon nombre de religions qui exigent un partenaire pour l'autre de même acabit; oui, bien sûr, il existera toujours des préjugés, des différends à vaincre, à surmonter; sauf que la société nord-américaine de 2009 est plus ouverte, plus apte à accepter la différence, une acceptation qui va au-delà de la simple tolérance. Il est fréquent de voir des couples avec une différence d'âge majeure, autant pour l'homme que pour la femme; des familles reconstituées, éclatées, inventées; des couples de même sexe; des couples divorcés, mariés, accotés, amoureux, amants. Il semblerait qu'on vive l'expérience amoureuse à fond.
Je constate qu'en 2009, beaucoup de pères souhaitent passer le plus de temps possible avec leurs enfants. Peut-être qu'il en était ainsi pour les baby-boomers, mais la coutume était de laisser la femme s'occuper de la marmaille, pendant que l'homme travaillait le plus possible. Qu'importait son rôle à la maison en tant que père, en autant qu'il l'assumait à l'extérieur de la maison, soit subvenir entièrement aux besoins monétaires de ses enfants. Aujourd'hui, tant d'hommes (comme des femmes) se battent pour être auprès de leurs enfants. Ils veulent être présents, faire leur moitié, et peut-être plus, comme me disait un homme touchant.
Il y aura toujours des hommes et des femmes qui auront peur de l'engagement et préféreront rester seuls que de se risquer à souffrir de nouveau, ou bien ils collectionneront les aventures d'un soir avec une fier-té soutenue. Il y aura toujours des hommes et des femmes qui auront peur de l'authenticité et de l'honnêteté. Il y aura toujours des hommes et des femmes qui choisiront de surfer sur la vie au lieu de plonger dans le monde complexe de leur être. Je connais la peur. Je connais la souffrance. Je connais aussi l'amour et l'espoir. Je n'ai qu'un visage et c'est celui que je porte. Et toi?
Lyne Laliberté
Granby










