Étranges priorités de M. Harper

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 1500 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

 

Jean-Guy Dubuc
La Voix de l'Est

Pendant que le président des États-Unis, à l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies, s'adressait à ses homonymes, le premier ministre du Canada visitait l'usine de beignes de Tim Hortons à Oakland, en Ontario... M. Obama faisait appel à la coopération internationale face à la prolifération nucléaire, aux changements climatiques et à la lutte anti-terroriste; mais, selon le bureau du premier ministre, M. Harper avait choisi de s'occuper de l'économie canadienne.

Réaction de David McGuinty, critique libéral en matières d'environnement: «J'aime mon café comme tout le monde. Mais aller examiner la technologie du beignet pendant que les leaders mondiaux se rassemblent pour discuter des changements climatiques, c'est un peu comme Néron qui jouait de la lyre pendant que Rome brûlait.» C'est un peu gros, comme image. Comme l'absence de M. Harper à l'ONU. Gênante priorité.

 

D'accord, il convenait de se détacher des positions racistes du président iranien Ahmadinejab ou du dirigeant lybien Kadhafi. Mais le message aurait été beaucoup plus clair si, après avoir applaudi aux paroles du président américain, les opposants aux deux autres se seraient levés, sur place, pour signifier leur désaccord. Priorité plus évidente.

D'autant plus que la veille, M. Harper avait choisi de rencontrer le maire de New York, Michael Bloomberg, plutôt que d'assister à l'assemblée extraordinaire de l'ONU sur les changements climatiques. Priorité à l'économie locale, dit son porte-parole.

Vrai, le premier ministre avait participé au souper de travail organisé par le secrétaire des Nations Unies, Ban Kimoon. Mais entre ce repas et la première apparition du président américain devant les chefs du monde, il y a une petite distinction à faire. M. Harper avait ses (étranges) priorités.

D'autant plus que le Programme des Nations Unies pour l'environnement venait de nous apprendre que le Canada était très mal coté pour ses «investissements verts» consacrés à la reprise économique. En tête, la République de Corée, qui a consacré 80 % de l'argent investi dans la relance économique dans des solutions environnementales. Le Canada, à l'avant-dernier rang, avec 8 %. Une autre (étrange) priorité de M. Harper.

Allons dans un tout autre domaine, celui de Radio-Canada. Actuellement, notre réseau de radio et télévision public est parmi les moins soutenus par l'État de tous les pays riches. Selon les chiffres fournis par la Société d'État, le diffuseur national coûte 37 $ par année à chaque Canadien, soit une dizaine de cents par jour. Il en faudrait 40 $ par année. Cela, pour éviter à Radio-Canada de se rendre esclave des cotes d'écoute, de la compétition avec les autres chaînes qui l'oblige à produire des émissions qui auraient davantage leur place à la télévision privée. Une originalité culturelle qui semble totalement passer par-dessus la tête du premier ministre et de son ministre de la Culture, qui doit docilement obéir à son chef. L'identité culturelle, aussi menacée au Canada anglais qu'au Québec, en souffre, évidemment. Il faudrait lui trouver un avantage économique, semble-t-il, pour attirer l'attention du premier ministre. La culture paraît bien faible dans un contexte de reprise économique. Surtout dans l'ordre des priorités de M. Harper.

On répondra que tout, dans la vie, est une question de choix, ce qui varie toujours avec chaque individu. Et avec les gouvernements. Il faut au moins réfléchir aux priorités d'un chef de pays pour apprécier les valeurs qui l'animent.

Mais dans les cas cités plus haut, les choix de M. Harper sont inquiétants. Il a beau tenter de plaire à sa clientèle conservatrice, il représente le Canada à la face du monde. Et les Canadiens peuvent facilement se sentir gênés par leur représentant qui véhicule des choix humains et humanitaires qui s'éloignent de leurs valeurs traditionnelles.

Facile à dire: on lui montrera notre désaccord aux prochaines élections. D'ici là, on ne dit rien, on ne fait rien, on fait semblant de ne rien entendre. Il y a des élus qui font sûrement mal leur travail de représentants du peuple...

 

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer