Voilà enfin que certains regardent dans la bonne direction. Rien n'est réglé pour autant. Mais qu'on ose enfin y penser, sonder les gens et considérer les moyens de le faire témoigne à la fois de l'identification d'un sérieux problème, de la volonté de s'y attaquer, de rechercher les moyens utiles à cette fin et de considérer sérieusement une piste qui pourrait s'avérer des plus intéressantes.
Cela fait déjà plusieurs années que, dans cette page, nous préconisons la tenue des élections scolaires en même temps que celles des élus municipaux. Pas tellement pour économiser parce que, à l'échelle du Québec, il y a peu à sauver à tenir les deux en même temps, surtout que l'événement sera plus complexe. Mais plutôt parce que ce serait un excellent moyen d'améliorer le taux de participation aux élections scolaires, donc l'implication du milieu dans l'organisation et la gestion des affaires scolaires.
Trop de gens croient qu'il ne se passe rien aux instances locales et régionales, que tout est dirigé à partir de Québec, que le palier local est en conséquence inutile et qu'on pourrait en faire l'économie pour remettre l'équivalent monétaire aux écoles qui en ferait profiter le personnel et les élèves. Ça, c'est notamment le discours de l'ADQ. Mais un discours qui ne tient pas la route parce qu'on se retrouverait alors avec autant de mini-commissions scolaires qu'il y a d'écoles, ce qui impliquerait partout une gestion locale et ce qui, de ce fait, ne laisserait rien de plus pour l'éducation elle-même.
Une commission scolaire, ça embauche le personnel et les spécialistes requis, répartit les ressources spécialisées entre autres en fonction des besoins, considère et cherche des solutions aux problèmes particuliers des régions, arbitre les conflits entre institutions en demande, veille à l'entretien des écoles, organise le transport scolaire, négocie avec les municipalités, les autorités de la santé, etc. Voilà des responsabilités dont les activités et les coûts se justifient au niveau d'organismes chapeautant les écoles d'un milieu, mais qui ne sont pas envisageables au niveau de chacune des écoles.
Voilà pourquoi les commissions scolaires existent et doivent demeurer. Mais pour les rendre plus efficaces et représentatives de leur milieu, il faut amener les gens à s'y intéresser davantage, à comprendre que tout n'est pas téléguidé de Québec, à s'y impliquer et, plus particulièrement, à voter lors des élections. Or, pourquoi ne pas cocher un deuxième X pour élire un commissaire, le jour des élections municipales? Ce serait la même sortie pour les électeurs et ça augmenterait le taux de participation... Peut-être aux municipales en plus des scolaires.
Certes, faudrait-il, à cette fin, procéder à une certaine uniformisation, à moins de trouver des formules susceptibles de compenser les difficultés prévisibles puisque les territoires des organismes scolaires, des villes et des MRC ne sont pas les mêmes partout. S'il y a là un défi à relever, le Directeur général des élections du Québec ne baisse pas les bras pour autant. Il croit qu'il est possible de surmonter ces difficultés.
Reste qu'il faudra sans doute reporter certaines élections scolaires pour que les dates concordent et, aussi, veiller à ce qu'on fasse la part des choses, que les enjeux soient clairs, que des organisations ou des candidats ne s'emploient pas à mêler affaires municipales et scolaires. Ce dossier traînera-t-il autant que la réforme de notre mode de scrutin? Avec les politiciens que nous avons, ce ne serait pas surprenant!










