«Tout n'est pas rose, mais lorsqu'on regarde ce qui se passe ailleurs, on peut dire qu'on a été épargnés», a dit M. Thibeault hier après-midi en entrevue.
Des emplois ont été perdus ici et là, mais pratiquement aucune mise à pied ou licenciement important n'a été effectué, explique M. Thibeault. Le seul gros coup qu'a encaissé la région est venu cet automne lorsque Trak Sport, qui fabrique des planches à neige pour la compagnie Burton, a procédé à une rationalisation de ses activités. L'entreprise de Cowansville a alors mis à pied 90 personnes.
En fait, les mauvaises nouvelles sont venues avant la crise, souligne M. Thibeault. Et elles ont ébranlé bien des municipalités. Il cite les fermetures de Mallette International (105 emplois) à East Farnham et de Albany (96 emplois) à Cowansville en 2006, de Collins & Aikman (270 emplois) à Farnham en 2007, et de Exeltor (140 emplois) à Bedford et de Sport Maska (90 emplois) à Cowansville en 2008.
Lorsqu'on additionne les mises à pied effectuées durant cette période de trois ans, la MRC a ainsi vu s'envoler 1157 emplois.
Les entreprises touchées oeuvraient dans les industries du textile et de la transformation du bois, des secteurs fragiles, fait remarquer M. Thibeault. «On continue nos efforts pour diversifier notre économie», ajoute le grand patron du CLD. Il cite le plan de diversification 2008-2011 auquel son organisme travaille pour atteindre cet objectif.
Mauvaises créances
Ce passage à vide économique entre 2006 et 2009 a coûté des plumes au CLD. Son bas de laine d'investissement, c'est-à-dire son fonds spécial pour stimuler la création d'entreprises et d'emplois, a fondu d'un peu plus de 200 000 $. Des prêts accordés pour une vingtaine de projets de petites entreprises ne seront jamais remboursés.
Le CLD gère depuis quelques années un fonds de 890 000 $ au nom du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation (MDEIE). Les mauvaises créances font en sorte que ce fonds ne vaut plus que 689 000 $, une perte de 23 %.
Pas de raison de paniquer ou de s'inquiéter, estime toutefois M. Thibeault. Dans les autres CLD, a-t-il indiqué, la moyenne des pertes est de 30 %. Cela dit, il faut que la pérennité du fonds soit assurée pour les années à venir, reconnaît-il. Le CLD a réorienté le tir et utilisera maintenant ce fonds du MDEIE pour aider les entreprises existantes, réduisant ainsi les risques. Les promoteurs de projets de PME pourront néanmoins continuer à s'adresser au CLD pour un coup de main. D'autres programmes d'aide sont disponibles.
Prêt pour Bromont
Le CLD de Brome-Missisquoi desservira une autre municipalité en 2010: la Ville de Bromont. M. Thibeault assure que son organisme est prêt. Quelques projets sont déjà en cours, a-t-il fait remarquer. Un d'entre eux est en lien avec la Route des vins, un autre porte sur l'inclusion des attraits de Bromont dans la promotion touristique planifiée par le CLD.
La Ville branchée contribuera à hauteur de 159 000 $ au budget 2010 du CLD. À noter que le CLD n'a procédé à aucune embauche pour s'ajuster à l'arrivée de Bromont dans la MRC de Brome-Missisquoi. «Nous sommes en mesure de fournir de bons services avec les gens que nous avons», a fait savoir M. Thibeault.
Le CLD misera sur un budget de 1,6 million de dollars l'an prochain. L'adoption du budget par l'assemblée des maires n'a pas fait l'unanimité. Trois maires, ceux de Lac-Brome, Brigham et de Brome, ont voté contre en raison de l'augmentation des quotes-parts. La participation financière des municipalités au CLD passera en effet de 590 000 $ à 895 000 $.
Le budget n'augmente pas, soutient M. Thibeault. Lors des deux dernières années, le CLD a pigé dans son surplus accumulé, à raison de 220 000 $ par année, pour boucler son budget. Pendant cette période, les 20 municipalités de la MRC ont collectivement économisé ces sommes. Le surplus est maintenant à sec. D'où la hausse des quotes-parts.











