Est-ce de la culture, la nourriture?

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France Arbour
La Voix de l'Est

Eh oui! nous sommes le produit de notre terroir, l'évolution de nos papilles gustatives et le résultat de toutes les influences à la mode ou non des choix que nous mettons dans nos assiettes et surtout dans nos bouches.

Le Québec a une évolution lente de ce côté. Il y a à peine 60 ans, peu de fruits que nous connaissons aujourd'hui étaient disponibles. Le choix des produits de la mer presque inexistant. Le poisson étant relié au vendredi de chaque semaine, c'était presque une pénitence d'en manger. Les fromages, on en parlait peu. Le pain était blanc. Les tartes, les pâtés, les tourtières, les ragoûts, le porc, les oeufs, la dinde, on n'en manquait pas. Et le sucre à la crème a toujours été le plaisir de la compétition entre les femmes de ma famille.

 

Je me souviens avec beaucoup de nostalgie des voyages «razzia» aux marchés de Granby, Saint-Hyacinthe et à Montréal d'où nous revenions avec du sang de mouton (boudin), des pains aux oeufs (spécialité juive), du yaourt bulgare ou grec et des fromages (Oka, Ermite, Stilton, etc.)

J'en entends qui présentement font des «ouach» en retroussant leur nez. Mais avez-vous déjà goûté? Essayé, au moins? Car souvent c'est le manque de témérité gustative qui prive, certains d'entre nous, des plaisirs de la découverte en bouche.

Plusieurs régions du monde sont, petit à petit, entrées chez nous, surtout avec l'Expo (pas le club de baseball) de 1967 à Montréal. Il nous a été permis de découvrir le couscous (pavillons du Maroc et de la Tunisie), le muesli et les roesti (pavillon de la Suisse). La liste serait longue, j'ajoute seulement la crème glacée de Cuba sur le site de La Ronde.

Pour peu que vous ayez un peu voyagé, et la curiosité de votre palais aidant, vous avez essayé: les moules frites en Belgique, l'escalope de veau viennoise en Autriche, le moussaka en Grèce, les blinis et pelmini en Russie, la paella en Espagne, le chili con carne et les tacos au Mexique.

Oui, le palais se diversifie au fil des ans, selon que vous serez curieux et audacieux. Depuis quelques années seulement, le pseudo sushi japonais vient agrémenter de nombreux cocktails dinatoires (un autre mot mis à la mode récemment). Pourtant, si un jour vous voyagez au Japon ou fréquentez un «vrai de vrai», vous apprendrez que le sushi doit se manger dans les 30 secondes qui suivent sa préparation. L'Italie, elle, nous a donné la pizza et les nombreuses pâtes. Ils viennent d'homologuer «la pizza napolitaine» comme un bien au patrimoine culturel mondial.

Je ne vous ai parlé que du manger, mais que dire du boire!

Et la nourriture fait aussi partie de la littérature: les repas sont nombreux dans les livres de Zola, Colette, Dumas... et que de pièces de théâtre dans la cuisine: Tremblay, Dubé, Laberge...

Québécois, nous avons emprunté à nos Amérindiens: le maïs, le riz sauvage et surtout les produits de l'érable. Pour ma part, je mange de tout mais j'ai mes préférences et mes gâteries, celles que je découvre aux comptoirs, de chez nous et d'ailleurs. Je n'ai jamais peur de tenter l'aventure de la boustifaille des autres cultures. Et vous?

L'auteure, artiste multidisciplinaire, est résidante de Granby

 

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