L'esclavage

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France Arbour
La Voix de l'Est

Malheureusement, il y a encore des esclaves. Cela remonte avant Jésus-Christ. Moïse n'était-il pas esclave en Égypte? Aucun prophète, Jésus, Mahomet, Vishnou, Boudha, il y en a d'autres, des modernes, n'a condamné l'esclavage? Pourquoi? C'était pourtant des êtres illuminés qui prêchaient l'amour du prochain, le respect de la vie!

Il y a des religions qui prônent la soumission de la femme. Il y a un esclavage répugnant, avec des enfants, dans certaines régions du monde. Des ateliers avec des jeunes de quatre, cinq, six ans, tissant des tapis, cousant des robes, exécutant des broderies, des tricots, montant des babioles en tous genres, que l'Occident se dépêche d'acheter à très bas prix pour revendre à prix minime ou à prix fort. On leur donne quelques piécettes de la monnaie du pays et on leur dit que c'est pour leur apprentissage d'un métier. À des adolescents, on donne des fusils (des vrais) et on les entraîne à haïr et à tuer celui qui ne pense pas ou qui ne prie pas comme lui. Ils reçoivent en retour des beaux vêtements de soldat, plus le manger et le coucher et gagnent lentement le ciel promis dans leur livre sacré.

 

Mais il existe aussi une forme d'esclavage plus pernicieuse encore! C'est celle imposée par tous les diktats de notre société et qui se glisse dans nos habitudes quotidiennes. Certains philosophes les disent nos nouveaux dieux.

1) C'est le sport, dont ces hooligans, fanatiques qui détruisent les stades ou attaquent les tifosi, mot italien signifiant amateur.

2) C'est le sexe: n'importe où, n'importe quand, avec n'importe qui. Une perte de contrôle de sa libido qui met en danger des enfants et des femmes.

3) C'est la dépendance aux pilules, drogues, alcool, cigarettes. «J'aimerais m'arrêter, mais je ne peux pas.» Autour de moi, je connais au moins une vingtaine de personnes qui ont vaincu la cigarette. D'autres qui n'ont pas bu depuis deux ans et quatre mois. «Si on veut, on peut.»

4) C'est l'amour de son gazon. Une nouvelle maladie, «la gazonite aiguë». Et je te mets de l'engrais, et je te taille, et je te remplace et je t'enlève les plantins, et je te tonds et je te compare à celui du voisin et je deviens «accro» de l'herbe.

5) C'est la course à l'argent. J'ai un bon petit capital mais j'en veux dix fois plus, et rapidement, et naturellement je me mets dans les pattes d'un courtier qui se dit un ami, et je perds tout ou presque. Je ne comprends pas cette avidité à la richesse. J'ai retenu trop tôt la fable de La Fontaine qui dit: On hasarde de perdre en voulant trop gagner.

6) C'est la soumission aux gadgets: internet, Ipod, cellulaire, GPS. Pourtant pendant des années, des milliards d'automobilistes ont trouvé leur chemin en consultant des cartes avant de partir ou en demandant aux coins des rues. «Oui, mais France, ça va tellement plus vite.» «Vous avez pas l'internet, je peux pas vous envoyer un courriel?» «Pas encore de cellulaire, France?» «Quoi! ton ordinateur date de 1984.» Eh, oui. Je n'ai qu'un «brontausore» pour vous faire parvenir ce que je pense. Je téléphone en arrivant à la maison. Je me retrouve même à Montréal, à Québec, à Sherbrooke, à Marseille. Et ça vous coûte combien par mois, tous vos gadgets? Cela doit faire l'affaire de plusieurs compagnies.

7) Et dernière, la mode. La mode pour enfants, pour adolescents, pour chacun d'entre nous. «La couleur à la mode, cette année, c'est le gris» et voilà que le gris est partout et que les journées deviennent grises. «Le noir, c'est pratique et c'est passe-partout.» Et j'achète une robe noire, un pantalon noir, un manteau noir, un sac noir, des souliers noirs. La mode change trois mois plus tard et les courses recommencent. Les souliers deviennent pointus, une paire ou deux. Ce sont les talons super hauts et voilà les femmes juchées. «Cela me fait une plus belle jambe.» Pourtant, ta jambe n'a pas changée, ta cheville est la même et tu ne sais pas encore que c'est très difficile pour ta colonne vertébrale, que tu peux en subir les conséquences plus tard!

Que de petites habitudes prises sans réfléchir et qui font que nous sommes les esclaves programmés par les revues et la publicité. Quand allons-nous briser nos chaînes?

L'auteure, artiste multidisciplinaire, est résidante de Granby

 

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