Le programme d'adaptation du domicile de la SHQ offre au maximum 16 000$ pour un tel projet chez un propriétaire occupant. Ce montant n'a pas été indexé depuis les années 1990. De plus, la liste d'attente est longue de plusieurs années pour y avoir accès. Très exceptionnellement, la SHQ subventionne jusqu'à 23 000$, chez les personnes démunies. Je me demande ici si la bonté caritative des personnes sollicitées pas la famille Papineau dans sa collecte de fonds ne jouera pas contre elle!
Mais y a-t-il de réelles alternatives à adapter son domicile? Celle de vendre sa maison et d'en trouver une autre, adaptée aux besoins de sa famille? Pas facile à trouver à Granby; il y a très peu de maisons adaptées en vente. Même le logement social adapté est rare. Dans un passé récent, antérieur au maire Goulet, les administrations en place ont boudé la construction de logements sociaux durant des années. Conséquences: l'offre d'unités d'habitation adaptées abordables reste inférieure à la demande du milieu. Outre les logements sociaux rue St-Jean, déjà remplis, un second projet d'habitation, Logis-Étude est en cours. Cela pourrait-il convenir à une famille avec un enfant aux études? À la famille concernée de voir!
La réelle solution à ce problème réside dans la construction de résidences sans obstacle dès les devis d'architecte. Ainsi, le jour où un membre de la famille devient handicapé, jeune ou personne âgée, pas besoin de déménager ou d'adapter à grands frais. Que de minimes ajustements peu coûteux sont requis. En 2008, la ville de Granby révisa son plan d'urbanisme. À la construction publique, je lui proposai l'idée d'adopter un règlement pour construire sans obstacle toute nouvelle demeure. En 2009, 411 unités d'habitation se sont ajoutées à la ville et en 2008, année faste, 787 unités. Petit à petit, notre parc immobilier pourrait devenir suffisamment accessible et l'offre de rechange aux vieilles maisons non adaptées, être de plus en plus facile à rencontrer.
La Ville de Bolingbrook en Illinois a adopté en 2003 un règlement municipal obligeant à édifier toutes nouvelles constructions résidentielles en mode d'accessibilité universelle minimale: celle de la visitabilité (maison sans marches, portes plus larges, toilettes vastes et adaptables) Winnipeg l'a imité. La ville de Granby pourrait en faire de même: ce serait là une façon responsable de compenser le manque de logement trois fois plus. Et ce serait là une prudence en cas de feu. Rappelons ici que Mme Duquette est morte dans l'incendie de la rue Johnson de 2006 car handicapée et demeurant dans un logis non adapté.
Quand le politique s'en remet au caritatif plutôt que de rencontrer sa responsabilité en matière d'habitation, c'est inacceptable. À nous citoyens sensibles aux personnes défavorisées, de réclamer du municipal un règlement pour construire en mode de visitabilité.
Luce S. Bérard
Granby








