Le collège de Granby est le premier établissement collégial au Québec à se doter d'une salle du genre. Le concept a été créé en Hollande. Snoezelen est un mot néerlandais qui signifie «sniffer et somnoler».
Bac à balles, tubes à bulles dont la couleur change en appuyant sur un bouton, oreillers vibrants, chaise berçante suspendue et coussin d'un mètre et demi de largeur sur un demi-mètre de hauteur meublent la pièce. L'aménagement n'est pas complet. Un ciel étoilé par plus de 2000 fibres optiques manque. Le 31 octobre, tout devrait être en place.
Stimuler les sens
L'endroit incite à la détente. Mais le but premier est de stimuler les sens. Les étudiants en Technique d'éducation spécialisée (TES) y recevront des personnes atteintes d'un handicap, d'un trouble envahissant du développement, d'une déficience intellectuelle ainsi que les personnes âgées avec un problème de motricité. «C'est pour une clientèle multiple de 0 à 97 ans. Ce sont des gens qui ont de la difficulté à entrer en contact avec leur environnement, mentionne Éric Blouin, enseignant en TES. On veut que les étudiants soient en contact avec la clientèle. Je peux jouer le rôle d'un enfant autiste, mais ce ne serait pas pareil.»
Un projecteur d'images permettra aux étudiants d'observer à partir de leur salle de classe ce qui se passe dans la pièce blanche.
Déjà, l'an dernier, le cégep a mis sur pied le HAMAC, un service de gardiennage pour les enfants autistes, pour permettre aux étudiants de mettre la théorie en pratique. Une vingtaine de familles sont inscrites.
Gérer son stress
La direction du cégep envisage d'ouvrir la salle blanche aux étudiants épuisés. «Le cours optionnel le plus choisi, c'est celui de la gestion du stress», relève Marie-Johanne Lacroix, directrice générale du cégep de Granby.
La gestionnaire était tout sourire, hier, en inaugurant l'espace Snozelen. Mme Lacroix a admis avoir douté de sa réalisation. Mais les bonnes nouvelles arrivaient toujours à point. «Je me souviens d'une étape où nous n'avions aucune marge de manoeuvre dans nos budgets pour cette salle, relate-t-elle. Et nous avons eu une subvention.»
Le cégep a investi environ 20 000 $ dans le projet. L'oeuvre des Manoirs Ronald McDonald a versé 30 000 $. Et hier, la représentante de l'organisme, Marielle Bédard, a fait savoir qu'une somme additionnelle pourrait être octroyée au collège.
Et déjà, le cégep a une idée de ce qu'il en fera.











