Bien qu'il s'agisse d'une concession de salaire importante, il faut se rappeler que la demande initiale de la direction de l'entreprise de textile était de 25 %. Le président du Conseil conjoint du Québec Unite Here (FTQ), Bernard Osterrath, n'a pas manqué de soulever ce point. «On est quand même allés chercher 10 %», a-t-il signalé en entrevue hier.
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Pour les employés, ça veut dire une perte hebdomadaire d'une centaine de dollars. «Cent dollars, c'est l'épicerie pour une famille de trois personnes pour une semaine», a illustré M. Osterrath.
C'était la troisième fois que les employés des usines de tissage et de teinture-finition votaient sur des offres de la compagnie. Lors du premier scrutin, le 31 janvier, 96 % des employés avaient dit non. Le 22 février dernier, 62 % d'entre eux avaient refusé l'offre de sabrer 16 % dans les salaires.
Lors de cette même assemblée, les membres du Conseil conjoint ont approuvé à 85 % une résolution de grève. «C'était une offre finale, nous avait avertis la compagnie. Ils nous ont dit qu'ils fermeraient les usines si on refusait», explique M. Osterrath. «Nos membres ont réagi en conséquence.»
Heureusement, les deux parties ont réussi dès le lendemain à reprendre les négociations. La direction est rapidement revenue avec une autre offre, coupant d'un pourcentage de point sa demande de concession salariale. Le 26 février, les employés disaient oui.
«Les membres ont accepté l'entente de travers. On espère maintenant que ça va permettre à la compagnie de continuer. On le souhaite de tout coeur. Mais avec le contexte économique international... On n'est pas encore sortis du bois», signale M. Osterrath.
L'entente stipule que Consoltex remettra en argent à ses employés syndiqués 50 % des économies réalisées grâce à des gains de productivité et de réduction des délais de production et de livraison de ses produits. Par ailleurs, l'entreprise a abandonné ses demandes concernant les vacances et les congés de ses employés syndiqués. Dans les deux cas, elle exigeait des compressions.
Carnet de commandes
La direction de l'entreprise s'est dite heureuse d'en être venue à une entente. «C'est un dossier important de réglé», a affirmé Lise Charron, vice-présidente des approvisionnements de Consoltex. Les dirigeants pourront maintenant se concentrer à trouver de nouvelles commandes. «On va travailler notre carnet de commandes. C'est sûr qu'on souffre du ralentissement économique. On n'est pas à l'abri.»
Sur ce point, Mme Charron a insisté pour dire que personne ne s'était laissé aller au découragement. «Consoltex a passé à travers d'autres situations difficiles. Il faut rester confiants», a-t-elle dit.
Fermeture d'une semaine
Signe que Consoltex éprouve toujours des difficultés à trouver preneur pour ses produits, l'entreprise cessera sa production à ses deux usines la semaine prochaine. Les activités devraient reprendre la semaine suivante, le 23 mars, a indiqué Mme Charron.
Cette fermeture inquiète le syndicat. «On doit trouver plus de contrats. Si tout le monde met l'épaule à la roue, cette compagnie peut s'en sortir», d'insister M. Osterrath.
Environ une centaine de cols bleus travaillent dans les deux usines de Consoltex. Le syndicat compte toutefois près de 225 membres. Plus de la moitié ont été mis à pied ces deux dernières années en raison des problèmes financiers de l'entreprise.
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