L'accident est survenu le 15 avril 2008, à la ferme Bonneau, à Saint-Pierre-de-Véronne-à-Pike-River. Le travailleur prenait place sur une échelle qui avait été installée dans la pelle d'un tracteur pour accéder au silo. Il semble que le tuyau qu'il réparait se serait décroché, le projetant du même coup au sol.
Les inspecteurs de la CSST avaient ciblé trois causes qui auraient contribué à l'accident fatal; la piètre qualité de la soudure du tuyau qui a cédé, la méthode de travail dangereuse pour réparer le tuyau, ainsi que la déficience de la supervision des travaux et de la gestion de la santé et de la sécurité du travailleur.
Dans son rapport d'enquête rendu public hier, le coroner Robinson conclut plutôt à une mort naturelle et non accidentelle. Il explique que l'autopsie a démontré l'absence de lésion traumatique significative pouvant expliquer le décès.
Le coroner ne peut donc retenir les conclusions de la CSST. L'organisme voué à la sécurité et la santé des travailleurs affirmait que le déplacement du tuyau aurait entraîné la chute de la victime et du même coup, son décès.
Le pathologiste a conclu que la cause du décès est attribuable à un infarctus et à une obstruction significative à la jonction de l'artère coronarienne et de l'arche de l'aorte. L'infarctus est donc responsable de la chute.
Le coroner est d'ailleurs d'avis que Claude Langlois était déjà décédé lorsqu'il est arrivé au sol. Des manoeuvres de réanimation ont été entreprises sur les lieux et poursuivies par les ambulanciers.
La victime n'avait pas de pouls, était sans respiration, sans pression et en asystolie (arrêt complet du coeur). À l'hôpital, son état était le même. Le patient présentait des signes de mort cérébrale, peut-on lire dans le rapport du coroner. Devant la persistance de l'asystolie, les manoeuvres de réanimation ont cessé.
Des pilules de nitroglycérine, un médicament prescrit à des patients qui souffrent d'un problème cardiaque, ont été découvertes sur les lieux. Cela est compatible à un malaise cardiaque qui a été confirmé par l'autopsie, indique Jacques Robinson.
Quand même en infraction
Même si les conclusions de la CSST et du coroner sont différentes, l'organisme voué à la sécurité et la santé des travailleurs est formel: les Entreprises Dussault ont compromis la sécurité du travailleur.
«Il y avait des lacunes en matière de sécurité, indique Antoine Tousignant, porte-parole du bureau régional de la CSST à Saint-Jean-sur-Richelieu. Le travailleur se trouvait à une hauteur de plus de 10 pieds et il n'y avait aucun système en place pour le protéger contre une chute.»
M. Tousignant explique que si les inspecteurs de la CSST étaient arrivés sur les lieux et que le travailleur s'était trouvé dans l'échelle, l'entreprise aurait tout de même été en infraction.
Le porte-parole de la CSST affirme que le propriétaire des Entreprises Dussault, Michel Dussault, a plaidé coupable aux infractions qui lui étaient reprochées. Il a écopé d'une amende de 15 000 $. Le dossier s'est réglé en septembre dernier, indique M. Tousignant.
Michel Dussault n'a pas rappelé La Voix de l'Est, hier.











