«C'est décevant, dit-il. Les Québécois n'ont pas eu droit à beaucoup de réponses de la part de la ministre.»
Ce que le porte-parole adéquiste en matière de Finances publiques déplore le plus, c'est l'attitude détachée avec laquelle la ministre a fait face au barrage de questions lancées par les partis d'opposition.
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«Elle a refusé de s'excuser auprès des Québécois pour la débâcle de la Caisse de dépôt. Il me semble qu'avec un trou de 40 milliards $ à son actif, elle aurait au moins pu manifester des regrets», laisse-t-il entendre.
M. Bonnardel n'a pu contenir sa réaction lorsqu'on lui a rappelé que Monique Jérôme-Forget consi-dérait que l'impact des pertes de la Caisse serait minime sur les contribuables.
«Impossible, impossible, impossible, a-t-il lancé. C'est clair que ce sera considérable. Certains experts estiment que la Caisse devrait finir par récupérer la moitié de ses pertes au fil du temps, mais ça va quand même laisser un trou de 20 milliards $. Qui va payer pour ça? Si, comme la ministre le dit, il n'y a aucune augmentation de cotisations, on va juste pelleter le pro-blème par en avant. Ce seront les prochaines générations qui paie-ront la facture.»
Même s'il remercie Mme Jérôme-Forget d'avoir accepté de se prêter aux questions souvent insistantes des péquistes et des adéquistes, François Bonnardel estime que la crédibilité de la ministre en ressort grandement affaiblie.
«Ça ne passe plus, dit-il simplement. On nous a lancé en élections sous de faux prétextes et, tout au long de la campagne, on a dit aux Québécois de ne pas s'inquiéter, que tout allait bien à la Caisse de dépôt et qu'on maintiendrait l'équilibre budgétaire. Monique Jérôme-Forget nous promettait la même chose au Salon bleu, la main sur le coeur, pas plus tard que le 15 janvier dernier. Et là , on s'attend à un déficit quelque part entre 5 et 7 milliards de dollars sur un budget de 62 milliards.»
«On a dit des faussetés aux Québécois», ajoute-t-il.
Le choix du président
Le député de Shefford a aussi commenté la nomination de Michael Sabia, hier, au poste de président de la Caisse de dépôt et placements du Québec (voir texte en page 32).
S'il ne s'est pas étendu sur le choix de l'ex-président de BCE, il a tout de même critiqué le processus qui a mené à sa sélection.
«Le choix du président doit être entériné par le conseil d'administration de la Caisse, explique-t-il. Ce que j'en comprends, c'est qu'il n'y a qu'une moitié de conseil qui s'est réunie sous la direction de Robert Tessier, en poste depuis moins d'une semaine, pour faire le choix de M. Sabia. Habituellement, le conseil d'administration choisit le président et fait approuver le choix par le gouvernement. Mais cette fois, le processus s'est fait à l'envers.»
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