D'un air contrit, les deux accusés ont confirmé les plaidoyers enregistrés par leurs avocats avant de quitter la salle d'audience, en matinée. Questionnés à leur sortie, ils ont refusé de commenter.
La centaine de candidats jurés qui s'étaient présentés au palais de justice de Granby ont donc été remerciés par le juge de la Cour supérieure André Vincent. Trois semaines supplémentaires étaient prévues pour cette cause.
Ce sont d'intenses négociations entre la poursuite et la défense, tenues la semaine et le week-end derniers, qui ont permis ce dénouement hâtif.
Entente
Les parties se seraient d'ailleurs déjà entendues sur la peine à imposer à Serge Laplante, l'ex-camionneur de 61 ans de Saint-Jean-sur-Richelieu qui a organisé le transport. Des charges plus graves pèsent sur lui, soit complot pour tenter d'importer de la cocaïne et tentative d'importation.
«La preuve (contre mon client) était forte. Il risquait plus avec un procès. Comme ça, c'est un bon deal», a reconnu l'avocat du Johannais, Me Jocelyn Grenon, sans dévoiler la teneur de l'entente.
Serge Laplante s'expose à une peine maximale de prison à perpétuité; son frère Gyslain, 48 ans de Sutton, pourrait écoper jusqu'à cinq ans de prison.
Enquête commune
Le rôle de ce dernier était moindre: douanier au poste-frontière de Frelighsburg, il devait faciliter le passage de la marchandise par camion, la nuit du 21 juin 2004. Son frère attendait quelques mètres plus loin pour en prendre livraison.
Mais l'enquête commune de la GRC et de la Drug Enforcement Administration américaine avait déjà débuté et un agent d'inflitration avait pris la place du chauffeur de la cargaison depuis son lieu de départ, la Floride. Serge et Gyslain Laplante ont été arrêtés sur le fait.
Commandée par un groupe criminel de la région de Valleyfield, la drogue, dont la valeur de revente avoisinait les six millions de dollars, était destinée au marché québécois.
Intégrité
À l'occasion des représentations sur sentence, demain, le procureur de la poursuite, Me Denis Gallant, compte d'ailleurs invoquer «l'intégrité des frontières» pour justifier la peine à imposer à l'ex-douanier, qui a plaidé coupable à une charge réduite de tentative d'importation de cocaïne.
La cour a accepté de laisser les frères Laplante libres jusqu'au prononcé de leur sentence, comme il l'ont été durant les précédentes procédures judiciaires.
Les deux hommes, qui n'avaient pas d'antécédents criminels, avaient trois complices dans cette affaire. Tous sont déjà en prison, un au Canada et les deux autres aux États-Unis.
Gyslain Laplante a été relevé de ses fonctions de douanier à la suite de son arrestation, en juin 2004.











