Les boues usées provenant de la Ville de Granby ne contamineront pas le compost produit à la future usine de tri-compostage de la MRC de la Haute-Yamaska. Le procédé naturel de compostage aura pour effet d'éliminer des pathogènes, rendant le compost conforme.
L'assurance a été donnée hier soir par François Gourdeau, spécialiste de la valorisation des déchets de la firme TerrEau, l'entreprise qui construira l'usine de tri-compostage. TerrEau a eu accès aux analyses menées par la Ville de Granby ces dernières années sur les boues usées traitées à son usine d'épuration des eaux usées. Elles permettent de conclure que les taux de métaux lourds ne causent pas problème.
Le compost pourrait donc être utilisé sur des terres agricoles. À l'extérieur de la grande région de Granby, cela dit, puisque les terres agricoles sont surchargées de phosphore.
M. Gourdeau répondait à la question de Verner Spani, un citoyen de Granby présent hier soir à l'hôtel de ville de Granby. Quelque 125 personnes étaient présentes à cette séance.
»Pomme empoisonnée»
Une des citoyennes présentes, Kim Martel, a déploré le peu de communication entre les MRC de la région sur ce sujet. Comment se fait-il, a demandé la jeune femme, que les autres MRC n'optent pas pour la solution du tri-compostage? Les dirigeants de ces MRC «sont allés en Europe aussi, mais quand ils sont revenus ils n'ont choisi cette technologie dépassée», a-t-elle signalé.
Mme Martel s'est également dit inquiète devant le peu de garanties offert par TerrEau quant à la qualité du compost qui sera produit. La production finira-t-elle dans des sites d'enfouissement si elle ne peut être vendue, s'est-elle interrogée. «C'est une pomme empoisonnée», a-t-elle conclu.
Le préfet de la MRC, Paul Sarrazin, a reconnu que la communication faisait défaut entre les MRC sur le sujet. La volonté des élus de la MRC de la Haute-Yamaska, a-t-il enchaîné, est de prendre les devants et de desservir les voisines qui le souhaitent.
Dans son mémoire, Luce Bérard remet en question le choix du tri-compostage. Le procédé soulève plusieurs problématiques, nommément le va-et-vient des camions des MRC avoisinantes, la piètre qualité du compost produit, contenant des métaux lourds (danger pour la nappe phréatique pour la santé publique).
La norme minimale de 60 % de déviation de l'enfouissement et de valorisation exigée par le MDDEP ne soustrait pas la MRC de ses responsabilités écologiques et de protection socio-sanitaire, explique Mme Bérard en substance.
Autres solutions
Claude Préfontaine, un résidant du «Canton de Granby», a-t-il précisé à la blague, a demandé à la MRC de poursuivre son travail de recherche de solutions. II a signalé que la ville de Salaberry-de-Valleyfield, en collaboration avec Hydro-Québec, testait depuis 2003 un procédé de torche au plasma. La technologie brûle en quelque sorte des matières et les transforme en énergie. Celle-ci peut être vendue à des entreprises dans le même secteur à des fins de production ou de chauffage.
«Plutôt que d'aller vers une usine dont on n'est pas certains des résultats, je trouve qu'on devrait aller plus loin et explorer d'autres solutions», opine M. Préfontaine.
La technologie de torche au plasma est très intéressante, a concédé M. Sarrazin. Cependant, la quantité de déchets à traiter dans la MRC est trop importante pour recourir à cette solution. Elle est aussi très énergivore. II y a également un aspect fondamental à considérer: cette technologie ne valorise pas les matières résiduelles, elle les élimine, a fait remarquer le préfet. Ça ne s'inscrit pas dans la philosophie du MDDEP.
La consultation publique se poursuit ce soir à Waterloo. La séance aura lieu à l'hôtel de ville, à 19h.











