«C'est une nouvelle corporation et elle demandait qu'on signe un bail à long terme pour avoir droit à des subventions. Mais 25 ans, c'est trop long», mentionne le maire Richard Goulet, en faisant référence à la recommandation initiale de son service d'urbanisme.
En paraphant une entente de dix ans, la municipalité s'assure de protéger ses arrières. «C'est une période suffisante pour que l'organisme nous prouve où le projet va aller. C'est quand même une belle marque de confiance qu'on lui accorde, quand on pense qu'on a signé un bail de 50 ans avec le Centre d'interprétation de la nature, qui existe depuis des années», ajoute M. Goulet.
La Ferme Héritage Miner a officiellement vu le jour l'été dernier, à la suite de l'achat des terres Miner par la Ville de Granby. Le projet prévoit l'exploitation d'une parcelle de 12,5 acres, située sur la rue Mountain, regroupant une vieille grange à deux étages, une petite laiterie, une ancienne écurie, une maison et un bâtiment de ferme.
L'organisme sans but lucratif, fondé et piloté par la citoyenne Caroline Gosselin, veut non seulement conserver l'héritage de la famille Miner, mais il souhaite aussi en faire une ferme urbaine à caractère écotouristique. Culture d'un potager éducatif, élevage de trois races d'animaux patrimoniales (cheval canadien, vache canadienne et poule Chanteclerc), jardins à thème, café-boutique... les promoteurs ont la tête pleine d'idées.
Une approche budgétaire serrée
En 2008, grâce à un octroi de 40 000 $ de la Conférence régionale des élus Montérégie Est (CRÉ), Ferme Héritage Miner avait pu réaliser une étude de faisabilité pour s'assurer de la viabilité de son projet.
Les conclusions de la firme Marie-Andrée Delisle et associés Tourisme-Conseil sont toutefois réalistes: pour atteindre une certaine rentabilité, l'approche budgétaire devra être serrée et les deux premières années d'opération s'annoncent critiques.
Les spécialistes suggèrent notamment le plus grand recours possible aux bénévoles et aux commanditaires, ainsi qu'un plan marketing agressif. Le soutien du milieu constitue cependant un atout, précise la firme.
Bien qu'elle ait décidé de limiter la longueur du bail, la municipalité fait sa large part pour assurer le succès de l'entreprise. À compter de cette année, elle s'engage à s'occuper notamment du drainage du terrain, de l'aménagement d'un stationnement en gravier, du branchement aux services municipaux et de certaines réparations sur la vieille maison.
«C'est un projet intéressant, mais ils devront revoir leur montage financier. Ils auront des choix à faire pour que ce soit viable. Mais je suis très confiant, principalement en raison des personnes qui s'en occupent. Ce sont des gens fiables, qui ont la réputation de mener leurs réalisations à terme», laisse entendre le maire Goulet.











