C'est avec cet argument, entre autres, que le juge de la Cour supérieure André Vincent a condamné hier Serge Laplante à sept ans de prison pour avoir essayé d'importer 150 kilos de cocaïne des États-Unis vers le Québec.
La mine résignée, l'ex-camionneur de 61 ans de St-Jean-sur-Richelieu n'a pas fait de commentaires avant de prendre le chemin des cellules, en matinée.
Son avocat, Me Jocelyn Grenon, a qualifié la peine d'«appropriée et raisonnable». Il s'agit d'une suggestion commune entre la défense et la poursuite.
«Ça répond aux normes de la jurisprudence», a dit le procureur de la Couronne, Me Denis Gallant. «Les gens qui importent des drogues dures doivent s'attendre à de longues peines de prison.»
Comme facteurs atténuants, la cour a souligné l'âge avancé de l'accusé, le délai entre son arrestation et le dépôt des accusations (trois ans), et le fait qu'il a plaidé coupable, plus tôt cette semaine, aux deux chefs d'accusation qui pesaient contre lui, soit complot pour tenter d'importer de la cocaïne et tentative d'importation.
M. Laplante a été arrêté en juin 2004 à la suite d'une enquête conjointe de la GRC et du bureau antidrogue américain. Il avait organisé le transport de la cocaïne de la Floride jusqu'au poste-frontière de Frelighsburg, où son frère Gyslain, douanier, devait fermer les yeux sur la passage de la marchandise, dont la valeur de revente était d'environ six millions. Les deux hommes ont été arrêtés sur le fait.
Intégrité des frontières
Gyslain Laplante était aussi de retour en cour, hier, à l'occasion des plaidoiries sur sa sentence. Le procureur Me Denis Gallant a demandé une peine de prison ferme pour le Suttonnais de 48 ans - sans suggérer de durée - invoquant «l'intégrité de nos frontières».
«Mais il n'est pas un danger pour la société et je crois qu'il a eu sa leçon», a reconnu Me Gallant. Gyslain Laplante a plaidé coupable, lundi, à l'accusation de tentative d'importation de marchandise prohibée. Il risque un maximum de cinq ans de prison.
Interrogé à sa sortie du tribunal, son avocat, Me Erick Vanchestein, a rappelé que rien dans la preuve de la poursuite n'indiquait que son client avait eu connaissance du contenu de la marchandise. Il a ajouté que l'ex-douanier avait eu, depuis son arrestation, un comportement exemplaire.
Me Vanchestein a aussi soumis que son client avait grandement souffert de la médiatisation de cette affaire. Il demande une peine de prison à purger à domicile de deux ans moins un jour.
La suggestion a semblé plaire au juge André Vincent, qui a cependant choisi de prendre sa décision en délibéré et de rendre sa sentence le 27 mars.










