Députés péquistes d'Iberville et de Johnson, Marie Bouillé et Étienne-Alexis Boucher ont essentiellement repris les mots de leur porte-parole en matière de finances, François Legault, pour exprimer leur mécontentement à l'égard du document livré par la ministre Monique Jérôme-Forget.
Les mesures de relance économique sont celles qui les ont le plus fait sursauter, notamment par la faible quantité d'argent frais qu'elles prévoient.
«Les 3,5 milliards annoncés, il faut savoir que c'est sur deux ans, et encore, ça inclut les sommes fournies par la Société générale de financement, Investissement Québec et la Caisse de dépôt, a rappelé M. Boucher. La véritable aide proposée est plutôt de 242 M $, soit moins de 0,1 % du PIB. C'est beaucoup moins que les 2 % que vise l'ensemble des pays occidentaux.»
«Ce n'est presque rien, a enchaîné Mme Bouillé. On ne voit pas très bien comment ce gouvernement compte se sortir de la situation actuelle. Au contraire, on a l'impression qu'il ne fait que creuser.»
Les deux péquistes ont également signalé la faiblesse des mesures à teneur sociale, notamment l'aide aux travailleurs, jugée elle aussi largement insuffisante.
Autant de constats qui, additionnés à l'annonce du déficit de 3,9 milliards $ et à la hausse de la TVQ, font conclure à Étienne-Alexis Boucher que le gouvernement Charest a été élu sous de fausses représentations.
«On nous a promis en campagne qu'il n'y aurait pas de déficit et on nous (le PQ) a ridiculisés en nous disant que ça n'avait pas de bon sens de proposer de monter la TVQ, a noté le député de Johnson. Ces gens vont en sens contraire de ce qu'ils ont promis.»
Bonnardel parle de dette
Pour le porte-parole de l'ADQ en matière de finances et député de Shefford, François Bonnardel, la réaction est sans équivoque: c'est le spectaculaire accroissement de la dette qui suscite la plus importante source d'inquiétude.
Cette dette, dont Étienne-Alexis Boucher a noté une augmentation de 53 % depuis l'entrée en poste des libéraux en 2003, est censée équivaloir à plus de la moitié du PIB québécois d'ici quelques années.
«C'est un lourd fardeau à mettre sur le dos de la prochaine génération, a déploré M. Bonnardel. En 2011, ça va représenter une moyenne de 45 000 $ par contribuable. Quand les libéraux disaient 'l'économie d'abord, oui', c'était plutôt 'le déficit d'abord'. Pour nous, c'est comme pelleter par en avant.»
Le député a par ailleurs dénoncé le fait que les mesures annoncées - avec une nouvelle fois la TVQ en tête de file - se fassent sur le dos des plus démunis.
«C'est encore la classe moyenne qui va écoper et voir son pouvoir d'achat diminuer, a-t-il repris. C'est certain qu'il va y avoir des contrecoups.»
À noter, le député libéral de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis, n'était pas disponible hier soir pour réagir au budget déposé par son parti.










