Le copropriétaire du Garage de l'Estrie avait été remis en liberté sous condition, en août dernier, avant d'être à nouveau arrêté lundi après qu'une 5e présumée victime eut porté plainte contre lui.
Cette fois-ci, le juge de la Cour du Québec Guy Fortier a statué que l'accusé devait rester détenu en attendant la suite des procédures judiciaires.
«Il y a une victime de plus, la preuve est lourde et il s'agit d'un crime brutal impliquant de la drogue», a déclaré le magistrat au terme de l'enquête sur remise en liberté de Marco Chevalier au palais de justice de Saint-Hyacinthe.
«Je n'aime pas ça, a dit le juge Fortier. Les citoyens sont potentiellement en danger devant un type comme ça. C'est un type dangereux.»
Évoquant le «risque de récidive», la Couronne s'est elle aussi opposée à remettre en liberté le garagiste. «Il a sévi (au printemps) par le passé et cette période s'amorce», a dit Me Marie-Claude Morin.
L'avocate a aussi souligné que l'accusé présentait «une feuille de route de malhonnêteté, de mensonge et de violence», faisant référence à ses antécédents en matière de voies de fait, bris de condition, prêt usuraire et fausse monnaie.
Victimes
Marco Chevalier a été arrêté une première fois le 7 août pour avoir présumément fait subir des sévices sexuels et physiques à trois femmes, une Granbyenne et deux prostituées montréalaises. Une quatrième plaignante, une autre Granbyenne, s'est ajoutée par la suite.
Avec certaines de ses proies, le Granbyen se serait fait passer pour un motard criminel et les aurait embarquées dans son pick-up en leur promettant de la drogue. Puis il les aurait menacées ou battues en les forçant à lui prodiguer des services sexuels.
Dans un cas, il aurait ramené une des victimes dans son loft situé au-dessus de son garage, rue Principale à Granby, pour ensuite la sodomiser brutalement avec un vibrateur.
Il aurait abandonné trois de ses victimes dans un chemin isolé de la région de Richelieu, tout en reprenant l'argent qu'il leur avait offert.
La même tactique aurait été employée par Marco Chevalier pour sa cinquième victime, une Montréalaise de 38 ans. Les policiers l'avait déjà rencontrée au début de l'enquête mais elle avait refusé de porter plainte.
Elle est revenue sur sa décision en constatant, à la télévision, que son présumé agresseur avait été relâché après sa première arrestation, moyennant une caution de 10 000 $.
Pleurs
Cette fois-ci, Marco Chevalier n'a pas eu cette chance. L'accusé a d'ailleurs fondu en larmes à plusieurs reprises, hier, notamment lorsque son père a témoigné en faveur de sa libération.
«Je veux continuer à l'encadrer. Il sera à notre domicile 24h sur 24», a dit Raymond Chevalier, ajoutant que son fils était «ce qu'il y a de plus important pour lui».
Pour la défense, Me Célina Saint-François a fait valoir que son client avait été libéré une première fois et qu'il avait respecté ses conditions de remise en liberté en vigueur depuis sept mois.
Le juge Guy Fortier n'a pas retenu ces arguments et a renvoyé l'accusé à l'ombre, tout en fixant la date de son enquête préliminaire au 18 juin.











