«Il faut mettre un terme à ces hausses de tarifs injustifiées que nous imposent Visa et Master Card, clame M. Lafleur. Avec l'augmentation du nombre de cartes à primes, qui coûtent beaucoup plus cher en frais aux commerçants, les coûts n'on pas fini d'exploser. Tôt ou tard, les clients vont ramasser la facture. Les commerçants devront ajuster leurs prix pour absorber cette dépense supplémentaire et ce sont les consommateurs qui vont écoper.»
Encadrer les frais
La coalition espère sensibiliser les divers paliers de gouvernements pour que ceux-ci légifèrent et encadrent les frais de carte de crédit de même que ceux des cartes de débit.
«Interac, qui est une compagnie sans but lucratif, songe à changer son modèle d'affaires et charger elle aussi un pourcentage aux commerçants. En ce moment, ça coûte environ 10¢ par transaction. Si on considère qu'une transaction moyenne est de 45 $, les frais passeraient à 45 ¢. C'est une augmentation de plus de 400 %.»
Déjà, le ministre québécois du Développement économique, Raymond Bachand, a appuyé la coalition lors d'une soirée organisée par le CQCD, indique Gaston Lafleur, et un avis de motion enjoignant le gouvernement à jeter un coup d'oeil sur la situation a été déposé à la Chambre des communes par le Bloc québécois.
«Au Canada, les frais de cartes de crédit avoisinent les 2 % alors qu'ailleurs dans le monde, ils ne dépassent pas 1 %», fait valoir M. Lafleur. En Australie, le gouvernement a même limité les frais à 0,7 %. Ici, tout ce que l'on souhaite, c'est que le gouvernement prenne au moins le temps de se pencher sur cette question. Sinon, ce seront tous les consommateurs qui en feront les frais.»
Des mythes
Les deux grands émetteurs de cartes de crédit, Visa et Master Card, considèrent que les groupes de pression qui dénoncent les frais «d'interchange», comme ils les appellent, colportent des mythes et des faussetés.
Master Card a d'ailleurs mis en ligne un site web, veriteinterchange.com, où l'entreprise explique sa position à ce sujet.
Sur ce site, on peut lire que les frais facturés aux commerçants ne représentent qu'un «petit montant» et qu'ils «reflètent la juste valeur des avantages qu'apportent aux commerçants le paiement par carte de crédit» tel que l'augmentation des ventes, la satisfaction de la clientèle, l'efficacité accrue à la caisse, l'accès à une clientèle internationale et la garantie de paiement.
C'est d'ailleurs ce dernier aspect, indique le site, qui justifie l'imposition de frais variant selon le montant de la transaction. Comme le risque assumé par l'émetteur de carte est plus grand quand le montant de la transaction est plus élevé, les frais sont ajustés en conséquence.
Enfin, toujours selon ce site, l'imposition d'une limite stricte aux frais «d'interchange» en Australie s'est avéré un échec. La réduction des frais a mis un peu plus d'argent dans les poches des commerçants, mais a entraîné une réduction des programmes de récompenses et une augmentation des frais pour les titulaires de cartes.










