«On a pris contact avec la Ville. On va essayer de faire ça en même temps, conjointement avec la Ville», a dit Jean Brodeur, responsable des relations publiques chez Agropur. «C'est inacceptable de laisser ça sur notre terrain.»
La Voix de l'Est a révélé hier la présence de ce dépotoir illégal dans une clairière derrière les installations d'Agropur sur la rue Bernard. Les utilisateurs du site y accèdent par un petit chemin de terre débouchant sur la rue Bousquet. Les déchets sont éparpillés sur une superficie d'environ 150 mètres carrés, a-t-on pu observer. On y retrouve toutes sortes de détritus, des vieux pneus aux bouteilles de bière brisées.
Lundi, des employés municipaux tenteront de délimiter les lots où se trouvent les déchets, de manière à bien départager ceux appartenant à la Ville de ceux qui sont la propriété d'Agropur, a expliqué André Jean, directeur des travaux publics de la Ville. «On pourrait même commencer les travaux de nettoyage la journée même», a-t-il dit hier en entrevue.
Le dépotoir illégal chevauche en effet les terrains de la Ville et ceux d'Agropur. La direction d'Agropur n'est pas certaine de la limite de sa propriété. Elle possède une bande de terrain de 400 mètres de profond à partir de la rue Bernard, entre les rues Bousquet et Omer-Deslauriers. Toutefois, ses installations n'occupent qu'une petite partie de ce terrain, du côté de la rue Omer-Deslauriers.
Bloquer le site
Les travaux de nettoyage complétés, les employés de la Ville et ceux d'Agropur en profiteront pour limiter l'accès au «dépotoir». Ils enlèveront le petit ponceau de terre fabriqué par les utilisateurs du site pour passer par-dessus le fossé. Il est aussi question de mettre des blocs de béton à l'entrée du chemin. C'est ce que la Ville a fait il y a quelques années de l'autre côté de la rue Bousquet. «Il y avait là aussi un dépôt sauvage», a fait remarquer M. Jean.
Ce n'est pas la première fois que la Ville devra intervenir sur un de ses terrains pour procéder à un nettoyage de déchets. Il appert que c'est un problème récurrent. «Ce n'est pas journalier, mais couramment les gens font des dépôts sauvages, signale M. Jean. Tous les ans, on remplit trois camions 10 roues en nettoyant les berges de la rivière Yamaska.»
Qui utilise ces dépotoirs illégaux ?
«Ce sont des entrepreneurs de fin de semaine. Ils décrochent de petits contrats de rénovation, mais ne veulent pas payer pour disposer légalement de leurs déchets dans des sites autorisés», soutient M. Jean.
M. Brodeur déplore la situation. «On sait que ça déjà été une pratique à l'époque. Mais c'est dur de croire que ça se fait encore de nos jours.»











