La directrice générale du centre de santé, Diane Daigle, infirmière de formation, a travaillé pendant des quarts de travail de 12 heures, il y a plusieurs années.
À ses yeux, cette formule représente beaucoup d'avantages pour les travailleuses, dont la semaine de travail est plus courte, et pour l'employeur, qui doit combler deux quarts au lieu de trois chaque jour. À BMP, seules les infirmières qui le souhaitent travaillent pendant 12 heures d'affilée.
«On va évaluer cette formule. Mais je suis optimiste. On n'est pas les premiers à faire ça», dit-elle faisant référence à des hôpitaux anglophones montréalais où cette pratique a cours depuis plusieurs années.
«Il n'y a pas plus d'erreurs», soutient-elle, en parlant des employées qui oeuvrent sur de longs quarts de travail. Cette organisation du travail assure une meilleure continuité des services, fait-elle valoir. De toute façon, les journées de 12 heures ne sont pas rares dans le réseau de la santé.
«Ce n'est pas la même chose - travailler pendant 12 heures - que faire deux quarts de travail complets. Nous, au lieu de demander aux infirmières de doubler leur quart de travail, on leur demandait de rester quatre heures de plus. La différence, c'est que dans le cadre du projet-pilote, ces 12 heures du travail sont planifiées et les congés sont prévus en conséquence», assure-t-elle.
Revoir les tâches
D'autres avenues sont empruntées par le centre de santé pour composer avec les pénuries. Dans les centres d'hébergement, toutes les tâches des infirmières, infirmières auxiliaires et préposés aux bénéficiaires ont été revues pour s'assurer que chaque employé se concentre sur les tâches pour lesquelles il a été formé et afin d'éviter les dédoublements.
Un autre projet consiste à alléger le travail des infirmières en fin de carrière en espérant qu'elles éloignent un peu la date de leur retraite. «On a déposé à l'Agence un projet auquel on croit beaucoup», indique Mme Daigle. Des infirmières en fin de carrière pourraient travailler à temps plein, mais sur des horaires de quatre jours par semaine, et «coacher» les employées moins expérimentées au début ou à la fin de leur quart de travail en discutant d'un cas concret. La formule permettrait aussi un transfert d'expertise entre les employées plus aguerries et celles qui débutent dans le métier.
«Les infirmières en fin de carrière ont souvent de l'intérêt pour appuyer des infirmières moins expérimentées», note la directrice générale. «C'est une valorisation, une façon de reconnaître l'expertise», indique-t-elle aussi.
Un été ardu
À la Pommeraie, l'été s'annonce difficile à cause de la pénurie de main-d'oeuvre. «Il y a des manques dans tous les secteurs. On regarde actuellement comment on va combler les besoins», indique Mme Daigle.
Comme tous les établissements de santé, La Pommeraie s'est plié à l'exercice de «titularisation». Soixante-dix postes d'infirmières et d'infirmières auxiliaires ont été créés dans le cadre de cet exercice, ce qui a occasionné un grand roulement de personnel.











