Mme Champigny est coordonnatrice du colloque sur l'accessibi-lité universelle qui se déroulera le 23 avril prochain au Théâtre des Tournesols à Cowansville, orga-nisé par l'Association des personnes handicapées physiques de Cowansville et région.
Environ 60 à 100 décideurs assisteront aux conférences prononcées par des spécialistes, suivies d'un panel. Le but avoué? Donner envie à tous ces gens qui ont le pouvoir de changer les choses d'adapter entreprises et lieux publics. On souhaite aussi leur proposer des outils pour y parvenir.
«Avec l'accessibilité universelle, on veut que tout le monde puisse entrer par la même porte», explique Mme Champigny. Ça signifie une entrée de plain-pied sans aucune marche et des pictogrammes pour permettre aux immigrants et analphabètes de s'y retrouver.
Cet accès permettrait non seulement aux personnes handicapées d'entrer facilement dans un édifice, mais aussi aux mamans avec des poussettes ou aux sportifs qui marchent avec des béquilles.
Aplanir les obstacles impose parfois d'agir sur des détails. «Mon épouse (qui a des problèmes au niveau de la colonne vertébrale) ne pourrait jamais aller seule au cinéma, parce qu'elle n'est pas capable d'ouvrir la porte», illustre Michel Normandin, président par intérim du conseil d'administration de l'association.
Un terreau fertile
Selon les porte-parole de l'association, les gens sont très ouverts au concept qui fait l'objet d'une campagne de promotion intitulée On n'en demande pas tant, lancée l'automne dernier. L'association a reçu l'appui du CSSS La Pommeraie et celui de la MRC de Brome-Missisquoi, qui lui a obtenu un financement par le biais du Pacte rural. Selon Mme Champigny, la MRC serait la seule en milieu rural à avoir lancé une vaste offensive à ce sujet.
Dans cette MRC, 15 % de la population, c'est-à-dire 6680 des 45 405 résidants, était handicapée ou éprouvait des problèmes de mobilité en 2006.
«On a une réception pas mal bonne auprès des commerces. C'est sûr qu'on ne pourra pas changer des bâtisses qui sont là depuis 15, 20 ans», dit Mme Champigny.
Mais ça n'empêche pas des entrepreneurs de poser des gestes afin de faciliter la vie de leurs clients. Un commerçant a fait installer une sonnette près de son entrée pour lui permettre d'aller aider des gens qui auraient du mal à entrer dans son immeuble, cite-t-on en exemple.
«On souhaite que toutes les MRC emboîtent le pas. Je pense que c'est réaliste et qu'en 2009, la société est rendue là», dit Mme Champigny.
Lors du colloque, des représentants de la Société Logique (spécialisée en consultation, aménagement et promotion du concept d'accessibilité universelle), de l'Office des personnes handicapées du Québec et de la ville de Victoriaville s'adresseront aux participants. Victoriaville célébrera d'ailleurs cette année le dixième anniversaire de mise en oeuvre du programme d'accessibilité universelle.











