«L'important, c'est de commencer»

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«L\'important, c\'est de commencer»

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Frances Champigny et Francine Tremblay sont coresponsables du colloque sur l'accessibilité universelle qui se tenait hier à Cowansville.

photo Alain Dion

CHANTAL VALLÉE
La Voix de l'Est

(Cowansville) Une personne en fauteuil roulant qui occupe un logement adapté est incapable de se rendre aux réunions de sa coop d'habitation parce qu'il n'y a pas de rampe d'accès pour se rendre à la salle commune. Des enfants handicapés ne peuvent bénéficier du camp de jour offert dans leur municipalité tout l'été, faute de budget pour leur fournir des accompagnateurs. Le problème n'est pas seulement leur handicap, mais aussi les obstacles qui les empêchent de participer pleinement à la société.

La réponse à ce problème: l'accessibilité universelle. Ce concept était au coeur du colloque de cette semaine, organisé par l'Association des personnes handicapées physiques de Cowansville et région.

 

«La personne devient handicapée à cause de ses limitations et des obstacles qu'elle rencontre. On peut dimi-nuer le handicap d'une personne en éliminant les obstacles et en créant des environnements qui n'en contiennent pas», souligne Sophie Lanctôt, directrice générale de la Société Logique, créée pour promouvoir et soutenir la création d'environnements universellement accessibles.

Des aménagements pensés pour faciliter la vie de tous les citoyens, ça signifie une entrée de plain-pied permettant aux gens de toutes conditions d'accéder par la même porte. Des lavabos dans les salles de bains dont la robinetterie et la tuyauterie ont été prévus afin de permettre l'accès aux personnes en fauteuil roulant. Une signalisation facile et des pictogrammes pour permettre aux personnes atteintes d'une légère déficience intellectuelle de s'orienter dans un édifice public. Des documents internet expédiés dans un langage compatible avec les logiciels qui permettent la reconnaissance vocale, etc.

Pour tout le monde

L'accessibilité universelle, ce n'est pas uniquement l'affaire des personnes handicapées ou à mobilité réduite, mais aussi des parents qui se promènent avec leur enfant dans une poussette, du sportif qui s'est fracturé une cheville, de l'analphabète ou de l'immigrant qui a besoin de pictogrammes comme repères.

«J'ai une voisine qui pèse 350 livres et qui ne peut plus aller à l'épicerie parce qu'elle n'est pas capable de pas-ser par le tourniquet placé à l'entrée», souligne une participante du colloque. «Pour moi, c'est une question de dignité, ajoute-t-elle. Maintenant, elle ne sort pratiquement plus de chez elle à cause du regard des autres», mais aussi pour des raisons pratiques. Monter quelques marches représente pour elle un effort immense.

«Quand on parle d'accessibilité universelle, dites-vous bien que vous avez la générosité de travailler pour une foule de gens», souligne Arthur Fauteux, maire de Cowansville et président d'honneur de l'événement, le seul maire présent au colloque.

M. Fauteux est visiblement vendu à l'idée. Il est toutefois d'avis qu'il reste du chemin à parcourir pour convaincre. «On a commencé à regarder ça. Je dirais que la conscientisation n'est peut-être pas rendue à ce point-là, un peu comme la politique familiale. C'est souvent perçu comme très compliqué, mais il y a des choses simples à faire. L'important, c'est de commencer», souligne-t-il, précisant que des travaux ont été menés l'an dernier pour rendre l'hôtel de ville accessible.

La politique des petits pas

L'agente de projet à la ville de Victoriaville, Nathalie Roussel, a raconté comment la municipalité a pu mettre ce concept en application, petit à petit pendant dix ans, sans investir une fortune, mais en travaillant en collaboration avec les organismes du milieu.

Des modules de jeux accessibles aux enfants handicapés ont été ajoutés dans les parcs, un escalier pourvu d'une main courante a été installé dans une piscine extérieure, des tricycles adaptés sont prêtés, des feux sonores ont été installés à certaines intersections, etc...

Une démarche vue très favorablement par le Centre de santé et de services sociaux La Pommeraie. En 2008, le conseil d'administration a décidé d'appuyer la démarche amorcée par l'Association des personnes handicapées physiques de Cowansville et région, rappelle sa directrice générale Diane Daigle. «Avoir des logements sociaux adaptés, des activités de loisirs adaptées, ça permet aux gens d'avoir une meilleure santé psychologique et ça va avoir des répercussions sur leur santé physique. Ça représente des défis collectifs», soutient-elle.

«Offrir l'accessibilité universelle, c'est une façon d'encourager les gens à nous visiter et à choisir la région comme un lieu où il fait bon vivre», poursuit Mme Daigle.

 

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