Exit camisoles, minijupes et jeans délavés

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Exit camisoles, minijupes et jeans délavés

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«En général, les gens s'habillent correctement», reconnaît le directeur général du CSSS de la Haute-Yamaska, Claude Vézina.

archives La Voix de l'Est

Chantal Vallée
La Voix de l'Est

(Granby) Finis les camisoles, les leggings, les mini-jupes, les sandales ou même les jeans délavés au CSSS de la Haute-Yamaska. Le centre de santé n'a pas attendu les temps chauds pour adopter une politique afin d'«exiger des employés une tenue vestimentaire adaptée».

Le centre de santé donne ainsi des outils aux gestionnaires pour intervenir puisque les employés qui ne respecteront pas le code vestimentaire s'exposeront à des sanctions.

 

La politique est née de l'écart constaté «entre une tenue vestimentaire convenable et adaptée aux besoins des soins et services respectant les normes d'hygiène et de sécurité et la tenue vestimentaire chez certains employés», peut-on lire dans le préambule.

Sont donc bannis des établissements du centre de santé: les vêtements transparents laissant voir les sous-vêtements, décolletés ou qui dévoilent le ventre, les camisoles, les mini-jupes, les shorts, les survêtements de sport en coton, les cuissards et les leggings.

Le port de sandales est interdit pour des raisons de sécurité. «Les sandales dans les unités de soins ne sont pas permises. C'est trop dangereux si on échappe une seringue», illustre Claude Vézina. La consigne vaut aussi pour les employés d'entretien.

Les ongles doivent être courts, les cheveux longs attachés, les bagues, les joncs et les bracelets sont interdits, les piercings et tatouages ne doivent pas être trop apparents.

«En général, les gens s'habillent correctement. Mais il y a des personnes qui, lorsqu'il fait chaud, en enlèvent en masse. Après elles se plaignent qu'elles se font attaquer par des clients ou des usagers. C'est davantage les cas extrêmes!», illustre le directeur général Claude Vézina.

La politique, adoptée cette semaine, n'interdit pas complètement les jeans.

«On l'a déjà fait dans les années antérieures, mais c'était ingérable», rappelle-t-il. Actuellement «le port du pantalon jeans classique est toléré avec l'approbation du supérieur immédiat», peut-on lire dans la politique. Mais il ne doit pas être délavé, ni percé ou déchiré, précise-t-on.

Le code vestimentaire ne traduit pas uniquement le souci de permettre aux employés de projeter une image professionnelle. Il traite aussi des questions de sécurité et d'hygiène, des sujets également omniprésents dans la prise de position de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, dont le centre de santé s'est inspiré.

L'utilisation de baladeurs de type iPod, MP3 ou autres est interdit pendant le travail, même pour les employés d'entretien, apprend-on aussi en parcourant la politique.

Gros bon sens

Au syndicat des professionnelles en soins infirmiers et respiratoires de la Haute-Yamaska, on espère que la politique vestimentaire sera appliquée avec discernement.

Le syndicat, qui a été consulté dans l'élaboration de la politique, avait jugé exagérées les références à la couleur des cheveux, au maquillage - «la simplicité et la discrétion sont de mise» lit-on à ce propos -, aux piercings et tatouages qui «ne doivent pas être trop apparents».

«La couleur des cheveux de la personne n'enlève rien aux soins du patient. Un maquillage rouge n'empêche pas de donner des services de qualité. Quant aux tatous, ça dépend de la situation, il ne faudrait pas qu'ils soient provocateurs ou agressants. On espère que dans le jugement d'un chef d'unité, ce sera appliqué de façon correcte», indique la présidente du syndicat, Sophie Séguin.

La discrétion ne signifie pas la même chose pour tout le monde, fait-elle également valoir.

Marginaux

Au syndicat, on veillera à ce que la politique ne soit pas utilisée pour sanctionner des employés un peu marginaux par leur apparence, mais très compétents, ce qui serait discriminatoire en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne.

«Le piercing et les tatouages sont très à la mode chez la nouvelle génération. Il ne faudrait pas de priver d'employés compétents à cause de ça», souligne-t-elle.

 

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