D'habitude, le MRNF attend les premiers cas de rage avant d'intervenir. Pourquoi? Pour savoir où déposer les appâts.
L'été dernier, 31 des 33 cas de rage ont été détectés à l'ouest de Saint-Jean-sur-Richelieu. «Cette année, nous avons établi un périmètre autour de cette zone pour déposer les vaccins», explique Pierre Canac-Marquis, coordonnateur des opérations de contrôle pour le MRNF.
Une équipe de neuf trappeurs a installé les appâts, qui ressemblent à de grosses olives vertes sur un territoire de 2400 km2. «C'était vraiment immense comme territoire. J'étais impressionné, lance M. Canac-Marquis. Nous avons débuté le 27 avril à la frontière du Vermont et hier, nous étions presque rendus à Saint-Hyacinthe.»
L'odeur de sirop d'érable que dégagent les appâts attire les moufettes et les ratons laveur. À l'intérieur se trouve un vaccin liquide qui coule dans la bouche de la bête.
Les trappeurs posent les appâts dans la boue près des rivières, dans les cabanes à sucre abandonnées, endroit prisé par les mamans ratons pour avoir leurs petits, ou à l'entrée des terriers. «C'est comme si on le leur mettait dans la bouche, souligne M. Canac-Marquis. Notre objectif est de vacciner 75 % des moufettes et des ratons dans le secteur.»
L'équipe de M. Canac-Marquis a terminé la vaccination mardi dans la région. Hier et aujourd'hui, les trappeurs sillonnent les alentours du lac Memphrémagog.
Signaler
Le coordonnateur des opérations s'attend à ce que les premiers cas de rage soient signalés au cours des prochaines semaines. «D'habitude, les signalements commencent en mai. Le gros des appels va débuter», prévoit-il.
Comment repérer une bête atteinte de la rage? «L'animal peut être très agressif et chercher à mordre, explique M. Canac-Marquis. Ce sont des animaux souvent très faibles. La moufette ne cherchera même pas à lever la queue. Souvent, ça peut être des animaux morts.»
En 2006, le cadavre d'une bête retrouvé au vignoble de l'Orpailleur à Dunham avait permis de déceler la rage dans le secteur.
Faut-il signaler chaque fois que le cadavre d'un raton ou d'une moufette est aperçu en bordure de la route?
«On ne demande pas mieux que d'être inondé d'appels, soutient le coordonnateur. Nous avons des équipes à Longueuil et à Sherbrooke en fonction tout le temps. Pour savoir où intervenir, il faut que des cas positifs soient rapportés. Et pour ça, nous avons besoin de signalements faits par les citoyens.»
Progression rapide
La rage est une maladie qui peut s'étendre rapidement si aucune précaution n'est prise. «C'est pour ça que le gouvernement ne modère pas ses efforts, souligne Pierre Canac-Marquis. La rage peut progresser de 40 km par année. L'an dernier, nous avons fait une opération préventive sur la rive-sud de Montréal. Imaginez si la maladie atteignait Montréal!»
La rage est une maladie mortelle qui se transmet par la salive. «Un chien peut être mordu par un raton. Le chien lèche son maître qui lui, se met la main dans la bouche. Il se retrouve infecté sans le savoir. Quand les symptômes sont sortis, il n'y a plus rien à faire.» D'où l'intérêt de faire vacciner son animal domestique contre la rage.
Le dernier cas de rage chez un humain au Québec remonte à l'an 2000. «Un garçon avait été mordu par une chauve-souris dans les Laurentides, rappelle M. Canac-Marquis. Les chauves-souris sont une autre source de transmission sur laquelle on ne peut pas intervenir.»
Une prochaine opération vaccination est prévue en août. Les appâts seront largués par avion sur un territoire de 11 000 km2.











