Christelle Bogosta, candidate néo-démocrate dans Brome-Missisquoi aux dernières élections, a invité Mme Durocher à raconter son histoire, hier, au cours d'une conférence de presse au Centre de la nature de Cowans-ville. «Au Canada, si une personne est séquestrée, c'est le Code criminel qui est de mise. Ça contraste avec le cas de Nathalie Morin, a lancé Mme Bogosta. Ce que le gouvernement saoudien demande à Nathalie pour rentrer chez elle est inhumain. Pour revenir, on lui demande de laisser ses enfants avec leur agresseur.»
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«Ma fille a le choix: vivre torturée ou vivre sans ses enfants», a souligné Johanne Durocher. Et sa fille, qui fête ses 25 ans aujourd'hui, ne partira jamais sans ses enfants. D'où la bataille de Mme Durocher, qui a interpellé à plusieurs reprises le gouvernement canadien pour qu'il aide sa fille.
La dame a même entrepris des démarches judiciaires. L'avocat Julius Grey a fait parvenir une mise en demeure au ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, pour le sommer d'intervenir. Mme Durocher songe aussi à entreprendre une poursuite en dommages et intérêts pour réclamer 500 000 $ au gouvernement fédéral. Pour ça, elle devra amasser près de 50 000 $ pour acquitter les frais d'avocats. «Il y a la possibilité qu'une campagne de financement soit faite auprès de la population», a soutenu Marie-Ève Adam, représentante de la députée bloquiste Francine Lalonde, hier après-midi. Mme Lalonde appuie les démarches de Mme Durocher.
Apparences trompeuses
Mme Durocher connaît très peu Saeed Al Shahrani, le conjoint de sa fille. «Il lui a fait croire qu'il étudiait à l'université Concordia. C'était faux», relate la mère.
Un mois après leur rencontre, en 2001, Nathalie tombe enceinte. «C'est sûr que je n'étais pas contente, elle avait 17 ans», confie Johanne Durocher. Quelques mois plus tard, le gouvernement canadien refuse la demande de parrainage faite par Mme Morin. Saeed Al Sharani doit retourner dans son pays.
Nathalie Morin le rejoint en 2005 avec leur fils âgé de trois ans. Mme Durocher n'aurait jamais pensé qu'il puisse être violent. «Lorsqu'elle était au Québec, Saeed appelait Nathalie tous les jours, raconte-t-elle. Elle lui a rendu visite deux fois et il l'a laissée revenir. Il m'apparaissait être sympathique.»
Mais lorsqu'elle s'installe là -bas pour de bon, Nathalie Morin découvre son mari sous un autre jour. «Elle a appris qu'elle ne sortirait plus d'Arabie Saoudite, sauf si elle trouvait un moyen de le faire entrer au Canada», révèle Johanne Durocher.
Confinée à la maison
Puis en janvier 2008, Saeed Al Sharani décide que sa femme ne quittera plus le domicile familial à moins que ce soit en sa compagnie. L'homme a aussi interdit à sa conjointe d'envoyer des courriels.
Johanne Durocher a parlé à sa fille vendredi dernier. Elle ignore quand elle pourra lui reparler. Nathalie n'a plus de téléphone à la maison. Le seul moyen de la joindre est d'appeler sur le cellulaire de son mari. «Je lui parle quand il accepte. Cet hiver, je ne lui ai pas parlé pendant deux mois», mentionne la mère.
Mme Durocher déconseille à quiconque de mettre les pieds en Arabie Saoudite. «Je conseille de ne jamais y entrer. Ici, au moins, si tu fais un mauvais choix, tu peux t'en défaire», lance-t-elle.
Le frère de Nathalie, Dominique, était présent à Cowansville, hier, pour soutenir sa mère. «J'espère de tout mon coeur que tu vas fêter ton 26e anniversaire avec nous et que je vais pouvoir jouer avec mes neveux et ma nièce», a-t-il souhaité.
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