Le programme personnel d'orientation (PPO) a remplacé le cours d'éducation au choix de carrière. La différence est qu'il n'est pas obligatoire pour tous. Seuls les élèves inscrits au parcours de formation générale appliquée y sont obligés. Ayant moins de laboratoires de sciences, ces jeunes ont plus de temps dans leur grille horaire pour que le cours y soit inséré. Les autres, ceux en formation générale, peuvent choisir le PPO comme cours à option.
À l'école secondaire Wilfrid-Léger de Waterloo, l'enseignante Kim Martel a 28 élèves de troisième secondaire dans sa classe de PPO. Mme Martel est aussi leur professeur de français. «Je les vois dix fois en neuf jours, lance-t-elle. Je suis leur prof de français, ce qui aide beaucoup pour le cours de PPO. Je connais leur personnalité, leur dossier académique.»
En début d'année, les jeunes ont fait plusieurs activités pour découvrir leurs intérêts et leur personnalité. «Veulent-ils voyager? Souhaitent-ils travailler de nuit? Ils font des activités pour qu'ils apprennent à se connaître, souligne Mme Martel. On veut qu'ils aillent dans une direction plausible pour eux.»
À l'issue de cette introspection, les élèves dressent une liste de dix métiers qui les intéressent. Commence alors la phase d'exploration. Une armoire derrière la classe est pleine de cartables contenant de l'information sur différents domaines professionnels. Les jeunes choisissent celui qui leur plaît. Lorsqu'ils terminent la lecture, les recherches internet et les activités suggérées dans un cartable, les jeunes recommencent avec un autre.
Avant d'entreprendre le cours, Marc-Antoine songeait à devenir médecin. Maintenant, il en est sûr. Le jeune homme sait même qu'il veut être neurologue.
En septembre, Xavier voulait quitter le secondaire et se diriger immédiatement en formation professionnelle. «En fin de compte, je vais finir mon secondaire», confie le garçon qui souhaite devenir cuisinier. De son côté, Catherine a confirmé son intérêt pour la coiffure et l'esthétique. Ce qui ne l'empêche pas de continuer à explorer d'autres champs professionnels au cas où autre chose l'emballerait davantage.
Pour Sabrina, l'avenir n'est pas aussi clair. «Je change d'idée depuis que je suis en sixième année, dit avec déception la jeune fille. J'essaie de trouver ce que je veux. Pas savoir, ça me stresse beaucoup. Je reprends le cours l'an prochain parce que je ne sais vraiment pas ce que je veux.»
Anne n'a pas non plus idée de ce que sera sa profession. Jusqu'à présent, l'étudiante a exploré la photographie et l'aménagement intérieur d'une chambre. «Je n'ai pas de réponse encore. Mais les projets que j'ai faits jusqu'à présent m'intéressent», dit-elle.
Felicia compte aussi beaucoup sur le PPO pour l'aider à choisir sa voie. Lors du passage de La Voix de l'Est, elle s'intéressait au journalisme. «Je choisis les cartables selon mes intérêts, explique-t-elle. J'ai pris le PPO parce que je n'ai aucune idée de ce que je veux faire.» L'étudiante a découvert qu'être orthopédagogue pourrait l'intéresser. Quant au métier d'avocat, elle l'a rayé de sa liste.
Hugo cherche pour sa part de l'information sur tous les emplois qui impliquent l'écriture. Chez lui, l'adolescent rédige des scénarios pour des téléromans. «Je suis présentement sur un projet de téléroman. Ça m'a pris six heures écrire un épisode, relate-t-il. J'ai pris le cartable sur les métiers liés aux relations d'aide. Ça m'a aidé à comprendre la mentalité des personnages.»
Le conseiller pédagogique à la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Dominic Gagné, ne cache pas que le gouvernement du Québec a dépensé des millions pour l'élaboration de ces cartables. «Mais il fait le pari que ça va lui coûter moins cher à long terme, mentionne-t-il. À l'heure actuelle, beaucoup d'étudiants font plusieurs parcours au cégep et à l'université avant de faire un choix.»












