«On maintient nos opérations normales de vente de voitures, de distribution de pièces et d'entretien de véhicules Chevrolet jusqu'au 31 décembre 2009. Passé cette date, on ne sait rien, admet Robert Biron Junior, président de Robert Biron Ltée d'Acton Vale. Tout ce que je peux assurer, c'est que nous serons toujours en affaires. À partir de janvier, on sera toujours dans la vente au détail. On ne sait juste pas ce que l'on aura à vendre.»
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La concession automobile, qui opère sous la bannière Chevrolet depuis plus de 50 ans, est l'une des plus petites au Québec. Robert Biron s'attendait donc à faire partie de la liste des commerces affectés par le plan de rationalisation de GM.
«On voyait ça venir, dit-il. On ne le souhaitait pas, mais c'est quand même ce qui arrive.»
General Motors a fait parvenir un volumineux document contenant une proposition adressée aux concessions visées, proposition dont M. Biron n'a pas encore pris connaissance.
«Je ne l'ai pas encore regardée, avoue-t-il. Quand je l'ai reçue, ma priorité était de rassurer mes employés, de leur faire savoir qu'on ferait tout pour s'en sortir. En 50 ans, ce n'est pas la première tempête qu'on traverse. On va encore y parvenir.»
Même si cette proposition est acceptée par une majorité de concessionnaires, cela ne garantit pas son entrée en vigueur, note toutefois M. Biron. Le gouvernement canadien devra d'abord l'approuver et GM aura toujours le choix de l'appliquer ou non.
«On ne sait pas non plus ce qui va advenir de nos clients actuels, ajoute-t-il. Où feront-ils entretenir et réparer leur voiture passé le 31 décembre? On ne le sait toujours pas.»
D'autres concessionnaires de la région ont aussi reçu de tels documents. C'est le cas de Bernard Pontiac Buick Cadillac GMC de Cowansville, où on a préféré ne pas trop en dévoiler.
«Je n'ai aucun commentaire à faire, a simplement répondu Normand Bernard, président de l'entreprise, lorsque joint au téléphone. On a reçu beaucoup de documents et ce n'est pas très clair. C'est même ambigu. De toute façon, les propositions que GM fait à ses concessionnaires sont confidentielles. Tout ce que je peux vous dire, c'est que j'ai un contrat en bonne et due forme qui me lie à GM jusqu'en octobre 2010.»
Même chose du côté de Le Trianon Pontiac Buick GMC de Granby, où on s'est fait tout aussi avare de commentaires. Lors du passage de La Voix de l'Est au commerce de la rue Principale, le président de l'entreprise, Pierre Mercier, a fait savoir qu'il n'émettrait aucun commentaire tant que rien de définitif ne sera décidé.
Le cas Saturn
Il n'y a pas que les concessions Pontiac et Chevrolet qui traversent une période de tourmente. General Mo-tors a déjà annoncé qu'elle mettait un terme aux activités de la marque Saturn dès la fin de 2009. Malgré tout, chez Saturn de Granby, on ne panique pas outre mesure.
«On est en sursis, admet Steve Lemay, associé du président Daniel Beaucage. On sait que le partenariat avec GM tire à sa fin, mais on sait aussi que deux ou trois acheteurs potentiels sont sur les rangs pour une reprise de la marque Saturn.»
Si, comme il le souhaite, la marque Saturn est rachetée, les activités de la concession de Granby pourraient se poursuivre au-delà de l'échéancier du 31 décembre 2009.
«On est déjà à examiner quelques autres projets pour nos locaux de la rue Principale et les employés qui y travaillent. On ne pourra peut-être pas tout sauver, mais on essaie de notre mieux.»
Concessions épargnées
Certaines entreprises de la région ont été épargnées par la purge entamée par General Motors. C'est le cas de Rocheleau Chevrolet de Cowansville, où le propriétaire de l'entreprise, Jean-Pierre Rocheleau, était heureux du sort réservé à son commerce.
«J'ai la lettre qui confirme que ça continue entre mes mains, indique le concessionnaire. Ça aurait été un très dur coup si GM en avait décidé autrement.»
Selon lui, les rénovations qui viennent d'être complétées à son commerce de la rue de la Rivière et l'excellent indice de satisfaction de la clientèle (Consumer Satisfaction Index) récoltée par sa concession sont autant de facteurs qui ont contribué à faire pencher la balance de son côté.
«C'est mon père qui a ouvert ce commerce et depuis le début, il y a plus de 40 ans, nous avons toujours eu une excellente relation avec General Motors. Mes deux filles travaillent déjà ici. Mon souhait, ce serait qu'elles soient la troisième génération de concessionnaires GM dans la famille», ajoute M. Rocheleau.
Denis Robidoux, président de Charland Chevrolet Cadillac de Granby, ne cachait pas son soulagement d'avoir évité le couperet.
«Ça fait 40 ans qu'on est là , alors c'est clair qu'on est content de rester», dit-il.
S'il est heureux de continuer à porter les couleurs de General Motors, il admet que la nouvelle doit être difficile à avaler pour les autres commerçants qui ont appris que GM mettait un terme à leur relation d'affaires.
Il estime toutefois que le pire est passé et que l'avenir ne peut être que profitable aux concessions qui seront toujours debout.
«Dès qu'on saura si GM se place sous la loi de la protection des faillites, on pourra repartir en grand, estime-t-il. Si les coûts de production peuvent être réduits, on aura des véhicules très compétitifs à proposer très bientôt. En plus, le territoire et le bassin de clientèle des concessions restantes vont s'agrandir. Vous reviendrez nous voir dans un an, je suis convaincu qu'on aura de bonnes nouvelles à annoncer.»
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