La nouvelle réglementation s'inscrit dans les efforts de la municipalité pour préserver le plan d'eau atteint d'eutrophisation (appauvrissement en oxygène), signale le maire de Dunham, Marcel Poirier. Des bandes riveraines bien fournies s'avèrent de bonnes barrières pour limiter les apports de sédiments, de phosphore surtout, dans le lac. Malheureusement, estime-t-il, seulement 25 % des bandes riveraines du lac Selby sont conformes.
C'est donc dire que les propriétaires dont le gazon se rend jusqu'aux berges ou que celles-ci sont occupées par des murets de roches ou, pire, de ciment devront entreprendre des travaux. Le lac compte plusieurs de ces murets. «Un muret de ciment en 2009, ça n'a pas de bon sens. Mais dans le temps, c'était comme ça», rappelle M. Poirier.
La municipalité s'intéresse aussi aux végétaux existant dans la bande de trois mètres. Son Règlement sur la renaturalisation et la protection des bandes riveraines du lac Selby interdit «toutes les interventions de contrôle de la végétation». En clair, cela veut dire que la tonte de gazon, le débroussaillage, l'abattage d'arbres et l'épandage de matières fertilisantes sont prohibés dans cette zone tampon.
La municipalité a déjà un bon portrait de l'état des bandes riveraines autour du lac. Un inventaire a été effectué l'an dernier par l'Association pour la protection de l'environnement du lac Selby. L'organisme complétera son travail d'observation cette année. Photos à l'appui, la municipalité pourra constater si les efforts de revégétalisation des riverains sont suffisants ou non.
Amendes pour délinquants
Des amendes sont prévues aux riverains délinquants. Ainsi, une première infraction entraînera l'émission d'une amende de 400 $ à 1000 $ pour une personne physique et de 800 $ à 2000 $ pour une personne morale (une entreprise).
Dans le cas d'une récidive, l'amende passera d'entre 800 $ et 2000 $ pour une personne physique et entre 1600 $ et 4000 $ pour une personne morale.
Accessoirement aux amendes, la municipalité pourrait engager des poursuites pour que les propriétaires riverains se conforment à son règlement en exécutant les travaux.
Le maire Poirier ne voit pas d'exagération dans sa réglementation. «À quoi bon avoir une propriété sur le lac si les gens n'y font pas attention. On trouve que notre règlement est raisonnable; les gens ont deux ans pour faire les travaux. Je pense que c'est suffisant. S'ils ne le font pas, on va agir à leur place et leur envoyer la facture.»
M. Poirier ne croit pas devoir en arriver là. Il compte sur la pression populaire pour convaincre ceux qui résisteront. «Un voisin va faire les travaux. Puis un deuxième. Puis un troisième. Tout à l'heure, ça va être gênant pour ceux qui ne le feront pas. Ils vont se faire regarder d'une drôle de manière. La pression va venir de tout bord, tout côté. Il va falloir être pas mal sans dessein de ne rien faire.»
Le haut taux de phosphore dans l'eau est l'une des principales causes d'éclosion de cyanobactéries, un problème bien connu des riverains du lac Selby.
Outre leur utilité pour limiter les apports de sédiments, les bandes riveraines limitent l'érosion du sol et de la rive et servent de filtre à l'eau coulant vers le lac.
Marais filtrants
Le conseil municipal étudiera dans les prochains mois la possibilité d'aménager des marais filtrants dans les affluents du lac Selby. Les marais filtrants servent également de barrière aux sédiments.
Quelques bassins capteurs ont été construits depuis une vingtaine d'années. L'efficacité de certains d'entre eux est cependant douteuse tandis que les autres sont difficiles d'accès pour l'équipe de la voirie municipale. Ils sont par ailleurs situés sur des terrains privés, ce qui complique et limite les interventions de la municipalité. De nos jours, ce sont plutôt des marais filtrants qui sont aménagés et non plus des bassins capteurs.
Bien qu'il les qualifie d'importants, pas question d'investir dans des marais filtrants cette année, précise le maire Poirier. Il entrevoit plutôt des travaux dans deux ans. «On va commencer par mettre cette réglementation (sur les bandes riveraines) en vigueur avant de faire autre chose. Le lac Selby, c'est une cuve. Au printemps et lorsqu'il pleut, tout arrive ici. Si on est capable d'arrêter l'arrivée de sédiments dans le lac, on va le faire.»
Un rapport sur l'état des bassins devrait être déposé prochainement au conseil municipal.
Don d'arbres
La municipalité de Dunham distribuera gratuitement ce matin 1500 arbres et arbustes à ses résidants. La distribution aura lieu entre 9h et 12h, au parc de L'Envol. Ce don d'arbres est possible grâce à la participation du Comité de bassin versant de la baie Missisquoi et du Conseil de gestion du bassin versant de la rivière Yamaska. D'ailleurs, les deux organismes tiendront une autre activité du genre samedi prochain au même endroit.












