Après que le journal eut révélé dans son édition du 3 juin dernier que les travaux d'aménagement d'une garderie, pris en charge par la muni-cipalité, présentaient des incongruités, le maire Jean-Marie Laplante a envoyé une missive à tous ses citoyens les informant d'abord de son mécontentement, puis du fait que la Ville retirerait tout son affichage publicitaire dans la publication gratuite jusqu'à nouvel ordre.
En entrevue à la télévision de Radio-Canada, hier, la signataire de l'article en question, Ariane Faribault, a dénoncé l'initiative de M. Laplante, la qualifiant d'atteinte à la liberté de presse. Elle a ajouté que tous les faits mentionnés avaient été vérifiés et qu'elle agirait de la même façon si c'était à refaire.
Dans son texte intitulé Des rénovations effectuées dans l'illégalité, la journaliste exposait le fait que la municipalité a décidé d'assurer elle-même la gestion des travaux plutôt que de recourir à un entrepreneur général, ce qui n'est pas conforme aux règlements prévus par la Régie du bâtiment du Québec.
Joint en début de soirée, le maire Laplante a précisé qu'il n'en avait pas contre le contenu de l'article, mais bien contre le titre choisi et le ton adopté.
"Je suis d'accord avec ce qui est écrit, mais pas avec la forme, a-t-il lancé au bout du fil. Je pense qu'il y aurait eu moyen de dire la même chose, mais autrement. Nous n'étions pas au courant de cette norme, et nous avons reçu une lettre de la Régie pour nous avertir de faire attention. C'est la première fois que ça nous arrivait pour un projet semblable."
L'élu a en outre spécifié que le statut de journal gratuit de La Pensée avait motivé son geste.
"Le même titre aurait été dans La Voix de l'Est que je n'aurais pas eu de problème, parce que c'est un journal payant, a repris M. Laplante. Là, on parle d'un journal à teneur communautaire, et je ne le prends pas."
Selon les propos du maire Laplante, Ariane Faribault lui aurait offert une réplique dans l'édition suivante, proposition que le principal concerné a balayée du revers de la main.
"C'est la même journaliste qui aurait encore contrôlé l'information, et je ne voulais pas embarquer là-dedans", s'est-il contenté de commenter.
Le directeur de La Pensée de Bagot, Michel Dorais, croit que la réaction de Jean-Marie Laplante est exagérée. "On n'a pas le choix de dire ce qui se passe chez nous, que ce soit positif ou négatif et que ça lui plaise ou non. Là, il faut que tout le monde prenne sa pilule et qu'on passe à un autre appel."










