«Il s'agit de regrouper les élus, les acteurs importants et les utilisateurs à l'intérieur d'une coalition pour réaliser les études qui s'imposent et repartir le dossier», a-t-il indiqué lors d'un point de presse à Saint-Alphonse-de-Granby. Le bloquiste souhaite ainsi réunir tous ceux intéressés par le développement d'une desserte Montréal-Sherbrooke. «La ligne la plus rentable et la plus logique après Québec-Windsor», selon M. Ouellet, qui évoque ce projet depuis son élection en 2006.
Une première rencontre réunissant plus d'une vingtaine d'élus dont le préfet de la MRC Haute-Yamaska, Paul Sarrazin, et celui de Brome-Missisquoi, Arthur Fauteux, a eu lieu hier matin. D'après M. Ouellet, l'organisme devrait officiellement être fondé en juillet et les premières réunions se tiendraient au début du mois d'août. Sa mission: trouver les fonds nécessaires aux études de faisabilité.
«Il faudra ramasser près de 100 000 $ pour réaliser deux études, l'une pour l'achalandage et l'autre au niveau des infrastructures et de l'équipement nécessaires pour mettre le service en ligne», précise M. Ouellet, qui compte faire appel aux conférences régioninales des élus (CRÉ) pour le financement. Une fois les études complétées, l'OSBL transmettra le dossier à une entreprise ou une société désirant prendre le relais.
Les élus ont tenu à rappeler les nombreuses répercussions bénéfiques de la mise en place d'un corridor Montréal-Sherbrooke. «C'est du développement durable qui permettra un accès à un plus grand bassin de main-d'oeuvre. Ça amènerait des gens de Sherbrooke et Montréal à travailler dans notre région», souligne Marie Bouillé, députée provinciale d'Iberville. Et il n'y a pas que les entreprises qui en bénéficieraient. «Ce serait un apport énorme pour le développement socio-touristique de la région», soutient Robert Vincent, député bloquiste de Shefford.
Un projet qui tarde à se concrétiser
L'idée d'un train quotidien de passagers entre Montréal et Sherbrooke ne date pas d'hier. M. Ouellet avait approché VIA Rail en septembre 2007 pour obtenir une étude de faisabilité physique. «On a intérêt à avoir une porte ouverte et offrir nos services lorsqu'une communauté s'intéresse à notre expertise, indique Malcolm Andrews, porte-parole de VIA Rail. On a agi un peu comme des consultants.»
Les résultats de cette étude n'ont toutefois jamais été dévoilés publiquement et ne se sont jamais rendus au bureau de M. Ouellet. «On n'a jamais reçu le rapport de VIA Rail», a affirmé ce dernier, qui expliquait mal la décision de la compagnie ferroviaire de se retirer du dossier.
Selon lui, le fait que l'Agence métropolitaine de transport (AMT) se soit montrée intéressée par un projet parallèle d'un train de banlieue reliant Bromont à Montréal a refroidi les ardeurs de la société d'État. «Il y a quelque chose qui ne faisait par leur affaire pour des raisons que j'ignore. C'est justement à cause de cet obscurantisme qu'on repart sur de nouvelles bases», soutient M. Ouellet.
Vérification faite auprès de VIA Rail, il semble que le rapport de l'étude de faisabilité sera finalement transmis à M. Ouellet. «Il reste quelques détails à régler et le document devrait être envoyé d'ici deux semaines», a affirmé M. Andrews. Il n'a toutefois pas été possible d'obtenir de détails quand au contenu et au cheminement du rapport. Impossible également de connaître à quel moment l'étude a été complétée.
Le projet demeure au stade des études pour l'instant; ce n'est donc pas demain la veille que des gens du coin pourront se rendre à Montréal en train.









