Bonnardel ne veut rien savoir

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Bonnardel ne veut rien savoir

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Le député de Shefford, François Bonnardel, reproche à Jean-François Plante de véhiculer des stéréotypes misogynes dans ses interventions à la radio internet.

Photo Archives La Voix de l'Est

 

Martin Ouellet
La Voix de l'Est

(Beaupré) L'entrée en scène de l'animateur controversé Jean-François Plante dans la campagne à la direction de l'Action démocratique (ADQ) suscite un malaise parmi les députés.

Émule du morning-man déchu Jeff Fillion, inspiré par le courant américain le plus conservateur, M. Plante n'est pas le bienvenu à l'ADQ, a prévenu hier François Bonnardel, à l'occasion du caucus pré-session des députés adéquistes à Beaupré, près de Québec.

 

Organisateur du candidat à la direction Gilles Taillon, le député de Shefford reproche à M. Plante de véhiculer des stéréotypes misogynes dans ses interventions à la radio internet.

Le député accuse notamment l'animateur d'avoir banalisé la tuerie de la Polytechnique et de s'opposer à l'équité salariale, de même qu'à la parité hommes-femmes dans les conseils d'administration.

«Il y a des gens qui ont signé sa mise en candidature, alors il faut croire qu'il y a des gens qui croient en ce genre de discours. Moi, je n'endosse pas ça et je ne pense pas que notre formation politique peut endosser ce type de propos», a dit le conjoint de la vice-première ministre Nathalie Normandeau.

Avec son discours critique sur la violence faite aux femmes, l'équité salariale et la discrimination positive, M. Plante est vite devenu la bête noire des groupes de femmes et des tenants de la rectitude politique.

Ses orientations hors normes étant source d'embarras pour l'ADQ, l'ex-chef Mario Dumont l'avait forcé à abandonner sa candidature dans la circonscription de Deux-Montagnes pendant la campagne électorale de 2007.

Une aversion partagée

Le député de Chutes-de-la-Chaudière, Marc Picard, partage la même aversion que son collègue de Shefford à l'endroit de M. Plante.

Selon lui, l'animateur incarne des valeurs rétrogrades que ne partage nullement l'ADQ. En conséquence, il devrait se retirer de la course, a affirmé le député.

«Ses propos sont rétrogrades et ne sont pas représentatifs du Québec actuel. Je ne peux pas imaginer que les gens de l'Action démocratique vont l'élire. Il tient des propos que je ne pourrais même pas répéter. Il voit une femme dans la rue et pense à des choses rétrogrades», a-t-il analysé sans aller plus loin.

Comme M. Taillon, M. Plante a attendu jusqu'à mardi, date limite, pour présenter les pièces requises à sa candidature au leadership de l'ADQ. Il a remis une liste de plus de 1000 signatures, dont au moins 60 dans 12 régions, en plus d'un dépôt de 15 000 $.

Doutes

Le député Éric Caire, lui aussi candidat à la direction du parti, a pour sa part émis des doutes sur la validité de la liste déposée par l'animateur populiste.

«Est-il vraiment dans la course? Il a déposé des feuilles contenant des signatures, mais sont-elles toutes valides, est-ce que toutes les conditions sont remplies? C'est au président de l'élection de le vérifier», a dit le député de La Peltrie.

M. Caire n'aura pas à patienter très longtemps alors que la candidature de M. Plante, comme celle de M. Taillon, doit être enterinée par le président d'ici à dimanche, à temps pour le premier débat de la campagne au leadership.

Observant une neutralité absolue dans la course, la chef adéquiste par intérim, Sylvie Roy, a dit s'en remettre au jugement des militants pour sceller le sort de chacun des candidats.

«Je ne vois pas le malaise. Nous allons débattre, les militants sont des personnes intelligentes et vont décider», a-t-elle dit.

Quatre candidats sont en lice pour gagner les faveurs des militants qui choisiront le 18 octobre le successeur de M. Dumont. M. Plante est le seul des quatre à ne jamais avoir été député de l'ADQ. Les autres sont Christian Lévesque, M. Caire et M. Taillon.

Les six députés adéquistes ont mis fin à leur rencontre à la mi-journée en annonçant leur intention de mettre l'accent sur 0l'économie dès la reprise des travaux parlementaires le 15 septembre.

Mme Roy entend exiger le dépôt d'une nouvelle mise à jour budgétaire qui tient compte des plus récentes données sur l'économie.

 

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