«Ça a commencé dans la salle électrique où tous les panneaux de disjoncteurs et les boîtes à fusibles de nos réfrigérateurs sont installés, raconte Camil Borduas. On a entendu quelque chose sauter et on est tout de suite allés voir. En entrant, il y avait déjà beaucoup de fumée. Patrick a vidé un premier extincteur avant de sortir appeler les pompiers. J'ai vidé un second extincteur. Les flammes ont presque complètement disparu, mais il y avait encore beaucoup de fumée. Quand Patrick est revenu, il m'a dit de sortir.»
Une fois dehors, Camil et Patrick ont entendu une série de déflagrations qui suivaient le tracé des fils électriques qui parcourent le bâtiment.
«On entendait les transformateurs péter», précise Patrick Borduas.
Pour eux, il ne fait aucun doute que l'incendie est d'origine électrique.
«On a eu quelques problèmes avec nos frigos pendant les grosses chaleurs, explique Camil Borduas. Des techniciens ont dû venir travailler dans les boîtes électriques une couple de fois au cours des derniers jours. Ça doit avoir un lien.»
Seuls sur les lieux
Heureusement, les frères Borduas étaient seuls sur les lieux lorsque l'incendie a éclaté; aucun client ne se trouvait sur place.
«On a aussi deux employés qui étaient partis au camping L'Oasis où on a un comptoir de vente, reprend Camil. On avait eu cinq ou six clients depuis l'ouverture. Si c'était arrivé plus tôt, il y aurait eu plus de monde sur place.»
La perte causée par cet incendie est d'autant plus lourde pour Luc Joyal, l'un des employés de la boucherie, qu'en plus de voir son gagne-pain s'envoler en fumée, il a perdu son appartement et ses effets personnels.
«Je reste dans un petit logement à l'intérieur de la bâtisse, dit-il. Toutes mes affaires sont là et je ne suis pas assuré. En plus de perdre ma job, je viens de perdre tout ce que j'avais.»
Code rouge
À l'arrivée des pompiers, beaucoup de fumée s'échappait de la toiture du bâtiment, situé au 911 Dufferin à Granby. Les sapeurs ont donc pratiqué une ouverture dans la structure du toit pour laisser s'échapper la chaleur et les gaz.
Après quelques instants, l'épaisse fumée noire qui montait lentement de l'ouverture a soudainement laissé place à un énorme jet de flammes qui est venu lécher l'un des pompiers travaillant à proximité du trou. Le chef des opérations a alors sonné un code rouge, indiquant à tous les pompiers se trouvant à proximité du bâtiment de se replier.
Tous les sapeurs ont pu retourner près du poste de commande sains et saufs. Seul l'un d'eux a été transporté par ambulance vers le centre hospitalier, victime d'un coup de chaleur.
À ce moment, la chaleur du brasier était même perceptible de la rue. Elle était en fait si intense que les panneaux de tôle ondulée du toit se sont tordus sous son effet.
La circulation a été entravée dans la rue Dufferin jusqu'en milieu d'après-midi et les pompiers n'ont quitté les lieux que vers 16h30.
Dommages considérables
Les pompiers ont rapidement repris le combat contre les flammes et ont enfin réussi à circonscrire l'élément destructeur. Même si la structure du bâtiment est toujours debout et que les dommages sont surtout situés au niveau de la toiture, les pertes s'annoncent considérables pour les exploitants de cette jeune entreprise familiale.
«On peut facilement chiffrer les dommages à plusieurs centaines de milliers de dollars, affirme Camil Borduas. La bâtisse date à peine de deux ans et on a perdu tout notre inventaire. On a aussi perdu notre source de revenus puisqu'on ne sait pas combien de temps on sera fermés.»











