Stress dans la forteresse

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 1500 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Sur le même thème

Stress dans la forteresse

Agrandir

Deux policiers de Bromont ont été particulièrement affectés par un vol d'armes à feu au poste de police. L'une était considérée comme suspecte potentielle et l'autre était un ami de l'accusé.

photo Janick Marois

KARINE BLANCHARD
La Voix de l'Est

(Bromont) Les pompiers, policiers, ambulanciers et premiers répondants sont confrontés à des situations difficiles, troublantes et parfois même inhumaines. Bien qu'ils y soient préparés, leur carapace est fragile, surtout lorsque des enfants sont impliqués. La Voix de l'Est vous propose une série de reportages dans laquelle les intervenants ont témoigné à coeur ouvert sur des événements difficiles qu'ils ont vécus et qui les ont marqués à tout jamais.

Le vol de quatre armes à feu et de chargeurs au poste de police de Bromont a semé la consternation chez plusieurs employés, en 2006. Certains ont vécu un stress énorme, tandis que d'autres ont éprouvé tristesse et colère.

 

Lorsque Mélanie (nom fictif) a reçu un appel la sommant de se rendre au poste parce qu'un événement grave s'était produit, la tension s'est installée. «De Granby à ici, le stress était incroyable, confie la policière âgée de 25 ans. Dans ma tête, quelqu'un de l'équipe n'était plus là.»

Lorsqu'on l'a informée que quatre Beretta avaient été volés, dont le sien, l'inquiétude a monté d'un cran. «J'étais considérée comme l'un des suspects parce que mon arme avait été volée. J'ai été interrogée. Je me trouvais de l'autre côté de la table. Tu te sens mal et tu n'as rien fait», se rappelle-t-elle.

L'enquête a duré quelques jours. Pendant ce temps, les policiers étaient sur le qui-vive. «Ce qui me rendait hyper nerveuse, c'était de savoir: est-ce que cette arme-là va se revirer contre moi? Et pourquoi on a volé mon arme?» indique-t-elle.

«En sortant du poste, je suis rentrée chez moi et je n'en suis pas sortie, enchaîne la policière pour démontrer l'état de peur qui s'était installé chez elle. Je me sentais dans un film. Je pensais que c'était un cauchemar, mais c'était vraiment réel.»

Le poste de police étant une véritable forteresse, les policiers croyaient que le vol avait été commis par l'un des leurs. «Est-ce que c'est un policier qui a volé les armes et qui est malade? Est-ce qu'il va rentrer dans le poste pour nous tirer? J'avais peur que quelqu'un vienne chez moi», ajoute Christian (nom fictif), un autre policier.

Pendant l'enquête, les policiers ont travaillé en équipe de deux, ce qui n'était pas le cas auparavant durant les quarts de jour. Le répartiteur, lui, était toujours accompagné d'un policier. «Je me disais: si on arrive dans un secteur boisé et que c'est mon partenaire qui l'a volé, est-ce qu'il va me tirer?» se rappelle le policier.

Consternation

Lorsque la Sûreté du Québec a finalement arrêté un répartiteur du poste de police, le stress a fait place à la consternation chez plusieurs membres de l'équipe, dont Christian, un ami de l'accusé.

«Quand ça arrive, le lien de confiance que tu as avec ton ami s'écroule et tu remets ce lien de confiance en doute envers tes autres amis», indique le policier de 32 ans.

Après l'événement, la direction du service de police a retenu les services d'un psychologue qui a offert une thérapie de groupe. Chaque employé a dû exprimer ce qu'il ressentait face à l'événement.

«Tout le monde l'a vécu différemment, souligne Mélanie. Comme ça ne faisait pas tellement longtemps que j'étais en poste, ce qui m'a fait de la peine, c'est de voir mes collègues qui en avaient.»

«À l'intérieur, ça a fait du bien, estime le policier. C'était intense parce qu'on le vivait à l'intérieur tous ensemble et on ne se faisait pas juger.»

À Bromont, comme dans la plupart des services de police, un debriefing est organisé après chacune des interventions. Ces rencontres permettent de déceler si certaines personnes vivent difficilement un événement.

 

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer