Les cris et les protestations ont fusé à l'assemblée du conseil de ville de Granby, hier soir, alors qu'une centaine de citoyens se sont présentés pour contester - en vain - l'adoption du règlement anti-bruit excessif le dimanche.
Les interventions ont été nombreuses. «Je ne sortirai pas mon égoïne (au lieu de la scie mécanique), on est en 2009!», a protesté Serge Fréchette.
«Avez-vous pensé à ceux qui n'ont pas les moyens d'engager des gens pour faire des travaux à leur place la semaine?», a dit Gilbert Lacasse.
«J'aimerais bien vous voir scier un 2/4 avec une égoïne, ou clouer du béton avec un marteau», a lancé au maire Michaël Guillette.
Une pétition de 1492 citoyens a aussi été remise au conseil par l'avocat Me Gabriel Gaudet.
«L'objet d'un tel règlement présuppose un esprit d'intolérance, a dit M. Gaudet, qui accompagnait l'entrepreneur en excavation Sébastien Ouellet. Sommes-nous justifiés de craindre un système de délation entre voisins?»
Le règlement stipule en effet qu'une plainte d'un voisin sera nécessaire pour qu'un constat d'infraction soit émis. «Y'a des plaignants, mais y'a aussi des plaignards», a dit M. Fréchette sous les cris d'approbation.
Mais le maire de Granby ne s'est pas laissé ébranler par ces récriminations. Sept conseillers sur les neuf présents (Yves Bélanger était absent) ont voté en faveur du controversé règlement.
Trop loin?
Seuls les conseillers Guy Gaudord et Louise Brodeur-Comeau ont voté contre. «Je trouve que la Ville a été un peu trop loin», a dit M. Gaudord à la fin de l'assemblée. C'est ce que les gens de mon quartier m'ont dit et je suis là pour les représenter.»
L'opposition de deux conseillers ne dérange pas le maire Richard Goulet. «Ils ont droit à leur opinion», a -t-il dit.
M. Goulet ne s'est pas laissé émouvoir non plus par l'opposition des citoyens entendue dans la salle du conseil. «Je n'ai pas de problème avec la contestation», dit le maire, ajoutant que «la majorité des Granbyens acceptent bien la nouvelle règlementation».
Quant aux 1500 signataires de la pétition, M. Goulet se demande si le règlement leur a bien été expliqué. «Quand je rencontre des gens et que je leur explique, ils finissent par comprendre et par accepter (le règlement).»
Le maire rappelle que «pour ceux qui respectent leur voisinage, il n'y aura pas de changement», dit-il. «Le règlement (contre le bruit), c'est pour la minorité de gens qui ne le font pas.»
«Tout ce qu'on veut faire, c'est assurer un minimum de quiétude aux citoyens, a dit M. Goulet. Est-ce vraiment inopportun?»
Le règlement entrera officiellement en vigueur après sa publication dans les journaux, ce samedi.











