«J'ai tout perdu. Je n'ai plus rien, a confié Caglar Baglama, copropriétaire du restaurant avec son fils, lorsque joint par téléphone, hier midi. C'est une perte énorme.»
Les sapeurs ont été alertés de l'incendie qui faisait rage dans la bâtisse de la rue Dufferin peu après 4h du matin. «Quand les pompiers sont arrivés, ils ont fait face à un feu qui courait déjà dans la totalité du bâtiment», illustre Pierre Lacombe, directeur du service des incendies de Granby.
Les policiers ont procédé à l'évacuation d'une résidence située à quelques mètres seulement du restaurant en flammes. «C'était rouge. Ça flambait au complet. On est sortis vite», raconte Carmen Blais, aux côtés de son mari Denis.
Le couple se réjouit que sa résidence n'ait subi aucun dommage. «Les pompiers ont arrosé notre toit parce qu'il y avait des tisons qui tombaient dessus. Ils ont fait un bon travail», estime M. Blais.
Les pompiers de Granby ont fait appel à leurs confrères de Shefford et de Roxton Pond pour les alimenter en eau puisqu'il n'y a aucune borne-fontaine dans le secteur du restaurant.
Le foyer de l'incendie se situerait dans la salle à manger, à l'avant de la bâtisse. «J'ai l'impression qu'il origine de là, mais je devrai retourner sur les lieux pour le valider», indique le chef Lacombe.
Puisque les pompiers ont été incapables d'établir la cause du brasier, l'enquête a été confiée au service de police de Granby. Pour l'instant, les policiers considèrent l'incendie comme suspect. «Toutes les hypothèses sont étudiées», indique l'agent Guy Rousseau, porte-parole du corps policier.
Des policiers du service d'identité judiciaire de la Sûreté du Québec se sont rendus sur les lieux de l'incendie, hier, à la recherche d'indices qui pourraient permettent d'en établir la cause.
Cet incendie n'est pas sans rappeler celui du restaurant Ada Pizza, rue Principale, le 15 septembre. Le commerce et trois logements ont été lourdement endommagés par un incendie suspect.
«À première vue, il ne semble pas y avoir de lien. Et si lien il y a, c'est l'enquête qui va le déterminer», indique Guy Rousseau, en précisant que l'enquête n'en est qu'à ses débuts.
Bonnes affaires
Depuis quatre ans, Caglar Baglama et son fils exploitaient la Maison du Souvlaki. Les employés étaient tous des membres de leur famille, qui, temporairement, se retrouvent sans travail.
Caglar Baglama affirme que les affaires allaient pour son fils et lui. «Le restaurant fonctionnait très bien, dit-il. Il y a quatre mois, on avait même construit une terrasse. On avait aussi commencé à vendre notre sauce à spaghetti.»
L'homme ne pouvait confirmer, hier, si son restaurant serait reconstruit ou pas. Il voulait d'abord discuter avec son assureur avant de se prononcer. «Si je reconstruis, c'est sûr que ce sera à Granby, mais peut-être à un endroit différent», a-t-il fait savoir.
Les propriétaires évaluent les dommages à environ 500 000 $. La bâtisse est complètement détruite, les aliments seront irrécupérables et plusieurs équipements pourraient ne plus être fonctionnels.











