Cette rencontre s'inscrivait dans une tournée des 125 circonscriptions de la province que Mme Marois se promet de boucler d'ici deux ans.
Questionnée à savoir ce qui justifiait sa présence dans ce coin de pays, la leader souverainiste à l'Assemblée nationale a d'abord blagué en évoquant la beauté du paysage et l'appât du bon vin, mais elle a ensuite précisé que c'était plutôt pour motiver ses troupes dans une circonscription qui leur est plutôt hostile qu'elle a fait le voyage depuis Québec.
Se trouvaient notamment parmi la soixantaine d'invités le candidat défait aux dernières élections, Richard Leclerc, le député de Johnson, Étienne-Alexis Boucher, ainsi que le souverainiste convaincu Raôul Duguay.
«C'est certain que je ne veux pas exagérer, mais le caucus ici est très enthousiaste, a-t-elle noté. Je sens que les gens sont choqués de l'attitude du gouvernement Charest et qu'ils ont le goût de se battre et de lui demander des comptes.»
Elle faisait ainsi référence aux débats qui animent la jeune session parlementaire, à savoir les possibles hausses des coûts de l'électricité ainsi que des tarifs au sein des différentes instances de l'État.
Mme Marois a d'ailleurs déploré que la motion proposée par sa formation politique et réclamant les sommes promises par Ottawa pour l'harmonistation de la taxe de vente ait été défaite en chambre hier sans que les libéraux ne posent la moindre question. Si cette proposition avait été adoptée, soutient-elle, le Québec aurait pu éponger une bonne partie de son déficit prévu pour 2010.
«On a été très critiques à l'endroit du gouvernement Charest, et le geste qu'il a posé aujourd'hui (hier) démontre qu'il a choisi Ottawa plutôt que Québec, a déploré la chef péquiste. L'Assemblée nationale a l'habitude de se tenir sur ce type de questions, mais là M. Charest ne l'a pas fait.»
Le cas Marceau
Pauline Marois a également été interrogée par rapport à l'attitude du député de Rousseau nouvellement élu, l'économiste Nicolas Marceau, qui a non seulement appuyé la position libérale sur le dégel des frais d'électricité la semaine dernière, mais qui a aussi été cité mercredi par le ministre de la Santé, Yves Bolduc, lors de la période de questions en chambre.
M. Bolduc faisait alors la lecture d'un diagnostic positif sur le système de santé québécois signé par M. Marceau avant qu'il ne soit élu sous la bannière péquiste.
Après avoir ramené à l'ordre son député plus tôt cette semaine, Mme Marois a clarifié sa position hier.
«Nicolas Marceau est un universitaire qui a effectué plusieurs recherches et analyses avant de se lancer en politique, et nous assumons qu'il a ses points de vue, a-t-elle fait valoir. Mais nous lui avons expliqué qu'une fois en politique, il y a une analyse différente à faire en fonction de la conjoncture, du choix des partis, de l'intérêt des citoyens, etc. Et M. Marceau m'a assuré qu'il était confortable avec les choix du PQ.»











