S'affronteront alors la mairesse sortante Pauline Quinlan qui, élue pour la première fois en 1998, sollicitera un quatrième mandat consécutif, ainsi que Gilles Duchesne, un citoyen qui s'était fait connaître il y a quelques mois en cofondant le Comité d'Action Bromont 2009 afin de s'opposer au changement de MRC.
À la lumière des déclarations préliminaires des deux adversaires, il appert que la question du développement de la municipalité occupera l'essentiel de l'agenda de la campagne.
La forte effervescence qui a caractérisé cette petite ville de 6400 habitants au cours des dernières années en a surpris plus d'un à travers la province, mais les importants investissements qui ont été effectués pour mener à bien ce grand projet ont eu pour effet de semer le mécontentement chez certains citoyens.
D'une part, Mme Quinlan se félicite d'accomplissements majeurs, comme celui d'avoir créé un véritable techno-parc et, dans la même foulée, d'avoir attiré le futur centre de recherche en microélectronique qui sera mis sur pied en partenariat avec l'Université de Sherbrooke. Elle cite également l'explosion des constructions neuves et, conséquemment, de la richesse foncière de la municipalité (plus d'un milliard $), ainsi que le taux de taxation qui a fondu depuis 10 ans (1,52 $ en 1998 contre 89 cents aujourd'hui).
«Je suis très fière pour les citoyens de Bromont et pour tous les gens qui vivent dans sa grande région, lance-t-elle à cet effet. Je suis surtout très heureuse que ce se soit concrétisé. Ça fait tellement d'années qu'on y travaille!»
D'autre part, M. Duchesne n'hésite pas à dénoncer «un développement un peu sauvage, qui est en train de désagréger Bromont» ainsi que «la forte dette et des dépenses très importantes», citant notamment à cet effet les coûts de réfection de la rue Shefford qui atteignent désormais quelque 17 M$.
Avenir vert
Dans un cas comme dans l'autre, toutefois, on entrevoit un avenir vert pour la municipalité.
Gilles Duchesne affirme dans cette veine espérer «repenser la ville, avec un meilleur respect de l'environnement», promettant un effort plus soutenu pour la sauvegarde des lacs. Il évoque également, en vrac, le développement des pistes de ski de fond et d'équitation, l'établissement de marchés publics ainsi que l'amélioration des services de proximité.
Pauline Quinlan, elle, évoque plutôt l'importance d'inscrire la poursuite des activités de la Ville dans un cadre strict de développement durable où, assure-t-elle, la population sera mise à contribution.
«Si on veut atteindre de nouvelles réussites, on doit y mettre des efforts, de la constance, de la continuité, précise-t-elle. Il faut sentir que les citoyens sont derrière nous. On arrive bientôt à un point de l'histoire de la ville - 50 ans - où il faut que les citoyens mènent une réflexion très structurée sur la vision de leur ville. On est une municipalité innovatrice, une ville branchée, maintenant c'est aux citoyens de dire jusqu'où ils veulent aller.»
Elle salue d'ailleurs déjà l'engagement des Bromontois à embrasser la vie politique, alors que de nombreuses nouvelles figures tenteront leur chance pour l'un des six sièges de conseillers, dont trois seront assurément renouvelés avec les départs annoncés de Paul Rolland, Serge Dion et Réal Brunelle.
Au demeurant, M. Duchesne compte déjà trois alliés dans l'aventure électorale, alors que Michel Laurin, Maurice Desruisseaux et Michel Champagne solliciteront des postes de conseillers.
La fameuse MRC
Sans surprise, l'aboutissement du dossier du changement de MRC depuis la Haute-Yamaska vers Brome-Missisquoi figure au nombre des réalisations qui font la fierté de Pauline Quinlan au terme de ce mandat.
Bien que cette saga ait constitué l'essentiel de l'argumentaire de Gilles Duchesne pour se lancer dans la course à la mairie - à preuve, lui-même et l'un de ses colistiers, Michel Champagne, étaient du Comité d'Action Bromont 2009 -, le candidat a nettement modéré sa position.
«Je regarde la façon dont les élus de la Haute-Yamaska réagissent, et ça semble un dossier clos pour eux, note-t-il. Je l'ai déjà dit, je considère toujours ça comme une erreur historique, mais si la population appuie cette décision, nous n'irons pas contre la volonté des gens.»
De toute manière, rappelle la mairesse sortante, le processus est pratiquement terminé et est considéré comme irréversible.
«Ce n'est pas Pauline Quinlan, mais la population et les ministres des Affaires municipales - Nathalie Normandeau puis Laurent Lessard - qui ont rendu leurs décisions», fait-elle valoir.
Confiance
Confiants, les aspirants à la mairie? D'un côté comme de l'autre, on affirme croire en ses chances, mais on se garde de se lancer dans des déclarations enflammées.
«Nous avons de bons appuis, et de plus en plus de gens nous encouragent, déclare Gilles Duchesne. Je pense que nous avons un bon projet pour améliorer la qualité de vie des gens et dépenser de façon plus responsable.»
«Je fais confiance à la population, module Pauline Quinlan. Je sais que les gens savent que je suis une femme de parole, mais surtout que je suis une femme d'action.»
slorange@lavoixdelest.qc.ca
Liste des candidats par District " Conseiller sortant *Réélu
District 1
Jean-Marc Maltais " Jean McMaster
District 2
Marie-Claude Cabana
Alain Chénier"
District 3
Onil Couture"
Diane Perron
District 4
Pierre Brassard
Simon Gnocchini-Messier
Marie-Ève Lagacé
Sylvain Cormier
District 5
Jacques Lapensée
Maurice Desruisseaux
District 6
Claude Nadeau
Anie Perreault
Michel M. Champagne











