«Des fois, j'ai l'impression que l'on se bat contre une Honda civic», a lancé le président de Val-des-Cerfs, Guy Vincent, en expliquant que plusieurs jeunes travaillent pour se payer une voiture.
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M. Vincent et la directrice générale du cégep de Granby, Marie-Johanne Lacroix, ont annoncé en conférence de presse, hier après-midi, que leurs organisations solliciteront les employeurs pour les sensibiliser à l'importance de la conciliation travail-études. Un étudiant ne devrait pas travailler plus de 20 heures par semaine, considèrent-ils.
Cette idée est née aux cours de discussions qu'ont eues M. Vincent et Mme Lacroix avec leurs collègues du comité éducation et main-d'oeuvre du regroupement Vision 2015.
Contrats symboliques
La chambre de commerce s'est engagée à leur donner un coup de pouce pour rejoindre les employeurs. Une quinzaine ont déjà signé le contrat dans lequel ils s'engagent à limiter à 20 le nombre d'heures travaillées par les jeunes. «Évidemment, ce sont des contrats symboliques, signale Mme Lacroix. Nous voudrions qu'une cinquantaine d'employeurs embarquent.»
L'idée n'est pas d'empêcher les jeunes de travailler, assure Mme Lacroix. Travailler tout en allant aux études n'est pas une mauvaise chose, assure-t-elle. «Mais il faut que ce soit mené avec intelligence. Travailler 30 heures de nuit, ça ne se peut pas lorsque l'on va à l'école, insiste-t-elle. Des gens autour de l'étudiant doivent lui rappeler que ça ne se peut pas.»
Le cégep avait déjà lancé il y a quelques années une initiative pour sensibiliser les employeurs. Le collège fait maintenant front commun avec la commission scolaire. «Plus tôt les jeunes prennent une bonne habitude, plus c'est efficace», soutient Mme Lacroix.
Myriam Dumont, étudiante en gestion de commerce au cégep de Granby, a déjà travaillé plusieurs heures. Pourquoi? «Parce que plus tu as d'argent, plus tu en veux, admet la jeune fille de 19 ans qui en est rendue à sa seconde voiture malgré son jeune âge. Souvent, l'employeur te donne 15 heures par semaine et il t'en ajoute. Comme tu ne veux pas décevoir, tu dis oui alors qu'on devrait dire non.»
L'étudiante travaille maintenant chez Desjardins qui a signé le contrat proposé par le cégep et la commission scolaire. Ses semaines ne comptent jamais plus de 20 heures de travail. Et la jeune fille assure qu'elle ne voudrait pas revenir en arrière.
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