Au début, je me demandais si je rêvais, raconte Bianca Béchard, une résidante de la rue Lemieux, située dans le secteur près du lac Boivin où les bruits d'avion ont été rapportés. Mais un moment donné, à force de l'entendre tourner, je me suis réveillée."
Il était environ 2h du matin quand elle et son conjoint ont commencé à se questionner sur ce qui se passait.
"Je me suis mise à me demander si le pilote n'était pas en difficulté et s'il tournait en rond parce qu'il n'avait nulle part où atterrir. Je suis allée dehors pour tenter de l'apercevoir, mais je ne l'ai jamais vu. Je commençais à avoir peur qu'il finisse par manquer d'essence et qu'il s'écrase dans le quartier."
Mme Béchard a contacté tour à tour le service de police de la ville de Granby, celui de Bromont ainsi que la Sûreté du Québec pour tenter de savoir ce qui se passait.
"Ils nous ont dit que d'autres citoyens avaient appelé pour leur rapporter la présence de l'avion, mais qu'ils n'avaient aucune idée de ce qu'il faisait là ni s'il était en difficulté, poursuit Bianca Béchard, qui ne peut préciser s'il s'agissait d'un avion ou d'un hélicoptère. J'ai aussi appelé à l'aéroport de Bromont, mais personne n'a répondu."
Mme Béchard n'est pas la seule à avoir remarqué la présence inopportune de cet appareil. La police de Granby confirme avoir reçu au moins deux appels à ce sujet, dans la nuit de mercredi à hier, alors que d'autres citoyens du secteur ont aussi communiqué avec La Voix de l'Est pour faire part de leurs inquiétudes.
Plus de deux heures
Le manège de l'appareil a duré jusque vers 4h30 du matin, sans que Mme Béchard n'arrive à savoir si elle et sa famille couraient un quelconque danger.
Ce n'est qu'au petit matin qu'un agent de la SQ a rappelé Bianca Béchard pour l'informer qu'il s'agissait "d'un appareil qui faisait des tests de manoeuvre, qu'il s'agissait d'une situation normale et qu'il était impossible de garantir que cela ne se reproduirait plus."
"Ce n'est pas normal qu'un avion tourne comme ça, en pleine nuit, au dessus d'un quartier résidentiel. Ce que je peux vous dire, c'est qu'on a passé une nuit très difficile", conclut-elle.
Opération policière
Joint hier par La Voix de l'Est, le lieutenant Jocelyn Desrochers du poste de la SQ de Haute-Yamaska n'avait qu'une partie d'explication à fournir.
"J'ai fait de nombreux appels concernant cette histoire et la seule réponse que j'ai eue, c'est qu'il s'agissait de manoeuvres en lien avec la police, dit-il. Mais après vérification auprès du service des communications de la SQ et du Bureau régional d'enquête, on m'a confirmé que la Sûreté du Québec n'était pas impliquée."
Quant à la GRC, on n'a ni voulu confirmer ni infirmer si le corps policier fédéral avait été impliqué dans une opération policière au cours de la nuit.
"Vous comprendrez que si nous sommes impliqués dans une enquête, nous ne dévoilerons rien sur nos méthodes ou sur nos opérations", a simplement expliqué le Caporal Caroline Letang, porte-parole de la GRC.









