L'accusé reste en prison

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Le Cowansvillois Stephen Rothen, chez qui les policiers... (Photo Janick Marois, Archives La Voix de l'Est)

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Le Cowansvillois Stephen Rothen, chez qui les policiers avaient saisi un véritable arsenal le 14 octobre, restera derrière les barreaux pour la suite des procédures judiciaires.

Photo Janick Marois, Archives La Voix de l'Est

Pascal Faucher

Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Le tribunal a refusé hier de remettre en liberté un homme arrêté la semaine dernière pour avoir eu en sa possession 84 armes à feu prohibées et cinq mille munitions.

La SQ et la GRC ont mis le grappin sur Stephen Rothen, 42 ans, de Cowansville, le 14 octobre. Dans une maison appartenant à l'ex-camionneur, à Saint-Armand, et dans l'appartement de Cowansville où il habitait, les policiers avaient saisi tout un arsenal.

 

Des armes, toutes importées, aucune n'était enregistrée au Canada.

Le Suisse d'origine a été accusé de cinq chefs d'importation et de possession illégale d'armes à feu, des accusations pouvant mener à une peine minimale d'emprisonnement de trois ans.

Preuve accablante

Au terme de son enquête pour remise en liberté, hier, la juge de la Cour du Québec Hélène Fabi a refusé «sans aucune hésitation» de remettre M. Rothen en liberté, citant la «preuve très accablante» qui pèse sur lui.

Elle a évoqué qu'il s'agit «d'infractions très graves» et que la cour souhaite protéger le public et ne pas miner sa confiance envers la justice. «Ces biens (les armes) vous appartenaient», a dit la juge.

La magistrate a aussi souligné que l'accusé avait fait des menaces à la plaignante. Il lui aurait dit «si tu appelles la police, j'ai assez de munitions pour faire sauter ta maison».

«Ce sont des menaces qui inquiètent beaucoup le tribunal, a dit la juge Fabi. De plus, j'ai l'impression que vous n'avez pas tout dit (aux policiers).»

Elle faisait référence aux 72 boîtes d'armes saisies chez M. Rothen et dont les armes correspondantes n'ont pas été trouvées.

Collectionneur

En défense, Me Pascale Gauthier a indiqué qu'il n'y avait aucune preuve que l'accusé ait jamais utilisé les armes ou qu'il n'ait eu l'intention de les utiliser, qu'il était plutôt un collectionneur.

M. Rothen n'a pas de lien avec le crime organisé et a bien collaboré avec les policiers depuis son arrestation, a dit son avocate. Il n'a pas non plus d'antécédents criminels.

Me Gauthier trouve aussi douteux que la plaignante dans ce dossier ait décidé de porter plainte contre M. Rothen récemment alors qu'elle connaissait l'existence de ces armes depuis plusieurs années.

«La façon dont ça a débuté, c'est très questionnable», a dit Me Gauthier. L'avocate a aussi fait remarquer que son client n'était, pour l'instant, pas accusé de menace.

Hausser le ton

En réplique, la poursuite a indiqué que le fait que M. Rothen ait été dénoncé sur le tard n'est pas un facteur atténuant pour lui.

Me Antoine Piché a ajouté que la tendance actuelle, dans les tribunaux, est de «hausser le ton» envers les infractions concernant les armes prohibées.

L'accusé aurait aussi fui la Suisse pour éviter de payer une pension alimentaire d'une ex-conjointe, a dit la Couronne.

M. Rothen reste détenu pour la suite des procédures judiciaires.

Il reviendra devant la cour le 5 novembre.

 

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