Le premier papa est arrivé devant le Chalet des patineurs à 6h15 hier matin, alors qu'il savait pertinemment que les premiers vaccins seraient donnés à 13h. Mais il n'a pas été seul longtemps. Vers midi, les stationnements du parc était bondés et la foule hallucinante.
Christian Laroche a fait le pied de grue pendant environ cinq heures pour faire vacciner ses enfants. «Je ne suis pas inquiet pour moi, mais pour eux oui. Ils n'ont pas de notion d'hygiène.»
Pas très loin derrière, un aîné, Jean-Claude Dupont, patientait avec son épouse Gisèle, qui souffre d'un cancer. Il trouvait bien dommage cette longue attente dehors, au froid et debout pour tous ceux qui n'ont pas eu la bonne idée d'apporter leurs chaises de parterre.
«Il y a des chapiteaux chauffés de 3000 places dans lesquels on est assis», soulignait Gérald Nerbonne, un retraité simplement venu observer la scène et qui n'était pas très impressionné par l'organisation de cette campagne. «Ça va être le bordel partout!, prédisait-il. Le gens entrent, passent devant les autres, font comme si de rien n'était», observait-il.
Heureusement, le soleil brillait, il ne faisait pas trop froid, et les gens étaient plutôt patients, hier midi. Chantal Julien, une femme enceinte de 33 semaines, semblait confiante de se faire vacciner même si elle était la 652e dans la file.
«C'est long. On voulait se faire vacciner aujourd'hui. On a un bébé de deux mois à la maison. Je ne peux pas manquer trois jours d'ouvrage. J'ai pris congé aujourd'hui», confiait pour sa part André Parent.
Les gens qui se sont présentés un peu après 16h ont été moins chanceux. Ils se sont fait dire de revenir au cours des prochains jours. «Les gens comprenaient. Au moins, ils n'ont pas attendu pour rien. En même temps, ils auraient voulu être vaccinés», indique Michel Lapointe, porte-parole du CSSS.
Pas tous le même jour!
Environ 1200 personnes ont été vaccinées hier, dont un grand nombre d'enfants, ce qui représente environ 200 vaccins administrés à l'heure. Mais l'attente était interminable: 3h en moyenne calculée à partir de l'ouverture du chalet à 13h, et 4h dans les moments de grande affluence.
Certaines personnes avouaient être venues se faire vacciner hier parce qu'elles craignaient que le CSSS manque de doses. Une perception tout à fait erronée selon Lorraine Deschênes, chef des programmes de santé publique et d'action communautaire. Le CSSS dispose d'environ 6000 doses pour cette semaine, ce qui serait suffisant pour vacciner toutes les personnes ciblées.
Il s'agit des enfants âgés de six mois à 5 ans, des familles des enfants plus jeunes qui ne peuvent être vaccinés et des personnes atteintes d'une maladie qui affecte le système immunitaire. Les femmes enceintes de 20 semaines et plus ou souffrant d'une maladie chronique faisaient aussi partie de la clientèle visée par la campagne cette semaine.
La majorité des gens qui se sont présentés hier faisaient partie de ce groupe-cible, se réjouissait Michel Lapointe. Les parents qui accompagnent leurs enfants ne sont pas vaccinés, comme tous les autres qui ne font pas partie de ce groupe prioritaire. Mais il ne fait pas de doute que certains ont menti pour recevoir le vaccin. Combien? C'est un mystère. «On ne fait pas d'enquête de police. Mais on pense qu'avec toute l'information qui est donnée à l'extérieur, dans le stationnement, à l'entrée, dans les médias, avec le formulaire et lors de la rencontre avec l'infirmière, on devrait être en mesure de vacciner seulement les gens des groupes prioritaires», croit Michel Lapointe.
Des changements
Les gens qui ont prévu se faire vacciner dans les prochains jours devraient moins mettre leur patience à l'épreuve. Des changements ont été apportés à travers la Montérégie pour remédier à ces files d'attente incroyables.
À compter d'aujourd'hui, on remettra un coupon aux gens qui se présenteront pour se faire vacciner. On leur demandera de revenir à un moment précis de la journée, une pratique qui imite celle des cliniques médicales. «On pense qu'avec ce système, ça va permettre aux gens de mieux gérer leur horaire», souligne Michel Lapointe.











